Commerce et Distribution

CROISSANCE

L'économie française en panne pèsera-t-elle sur le pouvoir d'achat ?

vendredi 15.08.2008, 04:45
L'économie française en panne pèsera-t-elle sur le pouvoir d'achat ? Plombée par l'inflation, la consommation des Français stagne et, avec elle, la croissance. PHOTO ARCHIVES PHILIPPE PAUCHET.

La France n'est pas encore entrée en récession mais sa croissance s'étouffe. Les chiffres publiés hier sont mauvais, ils étaient prévisibles. Une croissance plus faible risque de faire encore reculer l'euro face au dollar, avec des incidences sur le prix du baril de pétrole. En bout de chaîne, on parlera de consommation, de crédits, de pouvoir d'achat.

On attendait le coup de semonce conjoncturel dans le ciel traditionnellement vide du week-end du 15 août. Les commentaires iront bon train sur les chiffres publiés hier par l'INSEE et Eurostat : le produit intérieur brut français (la croissance) recule de 0,3 % au deuxième trimestre et l'Europe plonge dans le rouge avec un PIB à - 0,2 %.

La tension monte

Pour la première fois depuis la création de la monnaie unique en 1999, la croissance de la zone euro est négative au deuxième trimestre. La situation est délicate : un euro toujours fort face au dollar (pénalisant les exportations), un pétrole toujours cher (150 dollars en juillet), un marché de l'immobilier en tension (- 28 % pour les mises en chantier au deuxième trimestre - 15 % pour les permis de construire), une production industrielle en baisse, un déficit record du commerce extérieur (24,4 milliards d'euros au premier trimestre) et une inflation (indice des prix) à des niveaux record depuis près de vingt ans.

Les trois moteurs de la croissance française sont en panne. La consommation, l'investissement et le commerce extérieur ont calé. Le grand danger est une nouvelle dégradation du pouvoir d'achat, donc de la consommation, donc de la croissance (PIB), donc de l'emploi. Or, la consommation stagne (+ 0,1 %) et l'investissement est en berne, ce qui rassure encore moins les économistes avec - 2,9 % pour l'investissement des ménages dans le logement et - 1 % pour l'investissement des entreprises.

L'engrenage est quasi mécanique (voir notre infographie ci-dessous). Une mauvaise croissance influe sur la parité euro-dollar qui influe elle-même sur le niveau des valeurs pétrolières. À Bercy, le gouvernement espère retrouver des marges de manoeuvres grâce au récent reflux des prix du pétrole (notre édition de mardi 12 août). Il compte également sur un euro moins fort pour mieux vendre les produits français à l'étranger et relancer les exportations (- 2 % au deuxième trimestre).

Autre incidence, la monnaie unique ne cesse de perdre du terrain par rapport au dollar - elle est au plus bas dans sa parité depuis cinq mois.

Conséquence immédiate, la Banque centrale européenne ne se risquera sûrement pas à relever le loyer de l'argent cette année, ce qui, mécaniquement, fera remonter le dollar par rapport à l'euro et baisser le pétrole. Compliqué !

« Avec les dents »

La dernière récession française date de 1993. En économie, une telle crise doit correspondre à une contraction du PIB durant deux trimestres consécutifs. Avec une inflation à + 3,6 % sur un an, (malgré la légère baisse de juillet à - 0,2 %), la hausse des prix a pesé sur le pouvoir d'achat des Français qui se sont mis à moins consommer. On l'a vu dans les grandes surfaces (80 % de la consommation alimentaire), les paniers se sont moins remplis en nombre d'articles et en valeur.

Conclusion des experts : la France, comme la zone euro, est au bord de la récession. Le moral des ménages est au plus bas, l'emploi salarié dans les entreprises (qui pèse aussi sur le niveau du pouvoir d'achat) a diminué de 0,1 % au deuxième trimestre et aller chercher la croissance « avec les dents » (Nicolas Sarkozy) ressemble de plus en plus au tour de force chimérique. Le gouvernement a bâti son budget sur une hausse du PIB comprise entre 1,7 % et 2 % pour toute l'année 2008. Au risque d'être déçu... Les institutions statistiques internationales (FMI, OCDE) et l'INSEE disent déjà que la croissance sera encore plus faible en 2009 qu'en 2008. Autant profiter d'un bon week-end du 15 août en se changeant les idées... •

YANNICK BOUCHER

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