COMMERCE
Foires aux vins : un filon loin d'être à sec
jeudi 11.09.2008, 04:52C'est devenu une tradition : après la rentrée des classes, la foire aux vins fleure bon le début de l'automne. Traditionnellement, la grande distribution accapare une bonne partie du gâteau. Mais cette année, sites Internet et hard discounters lui disputent davantage le morceau.
Même l'origine du phénomène paraît incertaine. Au plan national, Leclerc fait figure de précurseur depuis sa première foire en 1975. Cependant, il semble que ce soit Gérard Mulliez qui, avec son mois du bordeaux, organisé en septembre 1967 à Roncq, soit l'inventeur du concept tel qu'on le connaît aujourd'hui. L'opération connaît immédiatement un vif succès, notamment auprès des clients belges.
Aujourd'hui, la foire aux vins se prépare dix-huit mois à l'avance. Chez Carrefour, six mille vins sont dégustés à l'aveugle à deux reprises par un binôme.
Ceux qui obtiennent moins de 12/20, soit 90 % d'entre eux, sont éliminés.
Une domination contestée
Les foires aux vins représentent jusqu'à 25 % du chiffre d'affaires annuel du rayon. La grande distribution atteint des niveaux quasi monopolistiques, avec 70 % des ventes de vin en France.
Carrefour et Auchan écoulent entre 8 et 10 millions de bouteilles lors des foires aux vins, plus encore pour Leclerc, qui clame sa domination sur le marché.
De tels chiffres attirent les concurrents dont certains se spécialisent sur des niches, telles les prix très bas pour Lidl, qui a largement communiqué sur sa foire aux vins cette année, ou les vins fins, pour le site 1855.com. « Nous avons voulu revenir à l'essence des premières foires aux vins. C'est pour cela que nous ne proposons que des bordeaux sur lesquels se concentrent les plus fortes baisses de prix », témoigne Fabien Hyon, directeur général délégué du site 1855.com. En une dizaine de jours, le site espère écouler 100 000 bouteilles, pour un chiffre d'affaires de l'ordre de 1,2 million d'euros.
Chez 1855, l'opposition à la grande distribution n'est pas une raison de vivre. « C'est l'un des seuls moments de l'année où l'on est en concurrence avec la grande distribution, qui se concentre sur les prix bas le reste du temps », explique Fabien Hyon.
Au milieu, le client profite de prix intéressants - grâce à une concurrence exacerbée entre les différents acteurs - tout en pâtissant des aspects nébuleux d'une offre démesurée.




