VENTE À DISTANCE
La Redoute et ses emplois essuient les plâtres de la restructuration
jeudi 30.10.2008, 05:02Le combat pour l'emploi mérite de parler d'une seule voix. C'est ce que se diront aujourd'hui les sept organisations de salariés de La Redoute. Elles tenteront de réunir une intersyndicale, seule capable d'infléchir le « plan de réorganisation » et ses 672 suppressions d'emplois.
Hier soir, syndicats et direction ont poursuivi, sans l'achever, la lecture des détails de la réorganisation que prévoit le leader roubaisien de la vente à distance. Au terme de ces deux jours de comité d'entreprise, les représentants des salariés ne sortent pas davantage convaincus.
Que l'adaptation à l'Internet ait profondément changé la donne, rendant inévitables les évolutions dans les métiers de La Redoute, les syndicats ne le contestent pas, mais ils s'interrogent.
« On nous dit que des secteurs n'atteignent pas leurs objectifs, ne sont plus rentables, voient leur volume de travail baisser, énumère Grégory Caron, délégué SUD. Avec les suppressions d'emplois, on se privera de compétences qui feront défaut dans quelques années. Tout cela pour des problèmes conjoncturels. » La CGT dénonce la base de calcul pour parler de baisse du chiffre d'affaires : 2004, année record. Si l'activité de cette année a subi une érosion (la grève du printemps y est pour quelque chose), septembre ne serait pas si mauvais.
Mutation forcée ?
Alors, un plan précipité ? Cela serait ignorer le fond du problème, l'adaptation à une évolution fondamentale : l'Internet. Mal anticipée ? Peut-être. Justifie-t-elle l'externalisation du service des commandes courrier (91 emplois) ? Les syndicats pensent qu'il aurait été raisonnable d'attendre que la pyramide des âges fasse son office. Quant aux 430 postes des quatre-vingt-une boutiques fermées d'ici quatre ans, la logique aurait pu être de les transférer vers les magasins So'Redoute, que la direction voulait multiplier. Mais le plan de 200 ouvertures a été gelé. Or, La Redoute aurait ces derniers temps privilégié sur l'Internet la livraison en point relais plutôt que dans les boutiques traditionnelles, les privant d'activité.
Le volet social de ce plan, c'est-à-dire l'accompagnement du personnel touché vers un reclassement, sera examiné mardi. Hier, Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, a assuré, en réponse à une question du député nordiste Bernard Gérard, que l'État sera « vigilant au cas par cas au reclassement de l'ensemble de ces salariés » et que la mutation économique du secteur de la vente à distance sera « accompagnée ».
La question reste de savoir vers quelle destinée.
