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Le Nord - Pas-de-Calais, une région bien dans ses meubles
vendredi 09.01.2009, 04:45Bien calés sur leurs pieds en teck ou en acajou, les meubles ont connu des croissances exceptionnelles. Ils sont toujours solides mais pourraient vaciller en raison de la crise.
Diamants sur canapé. C'est un film avec Audrey Hepburn, que l'on peut visionner tranquillement installé... sur son canapé. Depuis quelque temps, c'est le produit star des magasins de meubles : « On bénéficie de l'effet "écran plat" », estime Jean-Charles Vogley, directeur des affaires économiques et du développement de la Fédération française du négoce de l'ameublement et de l'équipement de la maison (FNAEM). « Les télévisions sont de plus en plus design et on préfère la regarder dans un fauteuil qui soit à la hauteur. »
Cuisine gourmande
L'ameublement était bien au chaud ces derniers temps, pelotonné dans ses quatre années de croissance consécutives et une année record en 2007. Le secteur de la cuisine était gourmand, la literie moelleuse et les salons confortables. En revanche, les meubles pour chambres étaient peu à peu supplantés par les penderies pendant que les meubles de salle à manger peinaient face à la nouvelle organisation des logements qui tend vers une fusion entre les salons et les salles à manger. Le rustique perd du terrain face au contemporain. Les meubles écolos, eux, restent encore marginaux.
Mais globalement, « Il y a un regain d'intérêt pour la décoration d'intérieur », selon Jean-Charles Vogley. « La croissance de l'immobilier a joué mais il faut surtout dire que le marché a évolué car les fabricants ont proposé davantage d'offre. Les magasins ont aussi été davantage mis en scène. » Mais la crise vient perturber ce marché pourtant bien sur pied : « Les six ou sept premiers mois de l'année ont été bons. Mais depuis fin août, ça baisse. À fin octobre, à surface évolutive, on était à + 0,2 %. » Jean-Charles Vogley ne veut cependant pas trop s'avancer : « Le mois de décembre est traditionnellement un mois très fort. Et même si c'est vrai que l'acte d'achat peut être freiné dans ce contexte, des études montrent qu'en période de crise, les gens ont tendance à se replier chez eux et s'occuper de leur intérieur. » Il y a d'ailleurs, selon Jean-Charles Vogley, des fenêtres d'opportunité. La France est à la traîne en matière de cuisine équipée et, quand les Allemands dépensent en moyenne 700 E par an pour l'ameublement, les Français n'y consacrent qu'entre 300 E et 350 E par an.
ZOOM
Après l'affaire des fauteuils de Conforama, les professionnels encore plus vigilants. - L'histoire avait ébranlé les professionnels de l'ameublement. Il y a quelques mois, Conforama faisait face à une crise sans précédent. Des fauteuils et canapés fabriqués en Chine ont suscité des réactions allergiques chez une centaine de personnes selon le collectif qui réunit aujourd'hui les victimes. « C'est rare dans le meuble », selon la Fédération française de négoce de l'ameublement et de l'équipement de la maison (FNAEM). « En fait, 79 % du commerce extérieur du meuble est intra-européen. Parmi les 20 % qui restent, l'Asie ne représente que 13 % des approvisionnements et les exportations chinoises de canapés représentent 20 % de ces 13 %. » La FNAEM, qui concède que « personne n'est à l'abri », met l'accent sur les chartes signées entre les fabricants et les négociants ainsi que sur les contrôles qui sont réalisés par des laboratoires spécialisés. « Ce qui est dommage, c'est qu'il n'y a pas de concertation entre pays. Il y avait déjà eu des problèmes avec ce fournisseur chinois quelques mois auparavant en Grande-Bretagne et en Allemagne. » V. S.





