Commerce et Distribution

Auchan, Castorama : « clauses abusives » des uns, « accusations abusives » des autres

Publié le 19/11/2009 à 05h02

Lavoixeco - Après Castorama mardi, c'était au tour d'Auchan d'être assigné hier au tribunal de commerce de Lille, comme sept autres distributeurs français, pour « clauses abusives » envers leurs fournisseurs. À la direction d'Auchan, on ne veut pas jouer les « boucs émissaires ».

Auchan, Castorama : « clauses abusives » des uns, « accusations abusives » des autres
Lavoixeco - Après Castorama mardi, c'était au tour d'Auchan d'être assigné hier au tribunal de commerce de Lille, comme sept autres distributeurs français, pour « clauses abusives » envers leurs fournisseurs. À la direction d'Auchan, on ne veut pas jouer les « boucs émissaires ».

Dans le bras de fer entre distributeurs et fournisseurs, l'État vient de frapper un grand coup en assignant pour la première fois en bloc neuf enseignes de la grande distribution (Carrefour, Casino, Auchan, Leclerc, Cora, Système U, Intermarché, Castorama et Darty). Le gouvernement les accuse d'avoir imposé des clauses abusives dans leurs contrats avec leurs fournisseurs.

Deux cas sont plus spécifiquement nordistes. C'est ainsi que le dossier Castorama était examiné mardi au tribunal de commerce de Lille, et celui d'Eurauchan, la centrale d'achat d'Auchan, hier.

« Nous avons été un peu surpris d'être désignés coupables avant même de pouvoir nous justifier, estime Jean-Denis Deweine, directeur commercial d'Auchan France. On nous reproche brusquement trop d'exigence dans nos taux de service (pénalités liées aux délais de livraison), mais ils sont les mêmes depuis des années. Comme nous estimons légitime de pouvoir renégocier nos tarifs quand les prix des matières premières sont à la baisse, pour pouvoir la répercuter aux consommateurs. Il faut savoir qu'en matière alimentaire, les vingt premiers fournisseurs d'Eurauchan représentent 40 % de nos achats. Où est le rapport de forces ? Nous sommes surtout attachés à l'équilibre des relations avec les fournisseurs et à une approche légaliste. Nous avons réellement pris toutes nos dispositions pour rentrer dans le nouveau cadre légal de la loi de modernisation de l'économie (LME). »

Trésorerie

Une même LME que l'État entend faire appliquer à la lettre. « L'État est le seul pour essayer de réguler les relations commerciales, quand elles nous paraissent abusives », explique-t-on à la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, à Lille. « C'est un bras de fer. Là, nous entrons dans la phase procédurale, qui peut être très longue. Nous avons toutefois obtenu d'accélérer le dossier pour Castorama (qui ne souhaite pas s'exprimer sur le sujet), estimant qu'il y avait des aspects trésorerie qui pouvaient mettre en difficulté certaines entreprises. Il sera plaidé le 14 décembre. » Pour Auchan, l'audience a été reportée au 13 janvier, le temps que les avocats prennent connaissance du dossier. La véritable audience aura lieu bien plus tard. •

La Voix Éco