ÉQUIPEMENT
L'usine d'armement de Pont-sur-Sambre embauche et suit le marché du Rafale
lundi 21.12.2009, 05:03La commande de 1 200 bombes passée dans le cadre du plan de relance a permis à la SAMP d'embaucher huit personnes au lieu d'en licencier sept. Aujourd'hui la société expose un peu partout dans le monde et suit de près le marché de l'avion de combat Rafale.
Depuis la visite en mai du ministre de la Défense, Hervé Morin, et l'achat de 1 200 corps de bombes Mk82 de 250 kg pour l'armée française, la SAMP (1) respire. Huit emplois ont été créés « dont cinq ingénieurs premier emploi », précise le PDG, Christian Martin. Les salariés sont aujourd'hui au nombre de trente. « Si on a un contrat à l'exportation on peut embaucher entre trois et cinq personnes de plus ». Il y a quelques mois encore, on parlait d'en licencier sept.
La commande française permet d'avoir « une visibilité jusqu'à début 2011 ». Autre retombée, grâce au plan de relance, la SAMP est aujourd'hui présente à l'étranger. Christian Martin est tout juste de retour du salon aéronautique de Dubaï, où la France exposait le Rafale dont elle espère vendre 60 exemplaires à l'Émirat. Des avions qu'il faudra armer... On comprend que la société a également des contacts avec le Brésil le président Sarkozy et son homologue Lula se sont rencontrés plusieurs fois cette année et ont souvent parlé Rafale... En cas de vente d'avions au Brésil ou à Dubaï, la société pontoise devrait tirer son épingle du jeu. « On aura un contrat minimum garanti » , lâche le PDG. « Après c'est un peu comme des pneus, il en faut quatre pour équiper une voiture à nous de convaincre le client d'en prendre plus... »
« On traite directement avec l'État »
La Grèce, où Hervé Morin s'est rendu pour promouvoir la vente de 30 avions, est « un client potentiel. On y exposera nos produits l'année prochaine ».
Pour approcher les États, « on suit la tendance politique du gouvernement français. Si politiquement c'est non, c'est non.
Dans un deuxième temps, ça suit avec l'avion ». Mais pas toujours. Des contrats peuvent également être signés avec des pays, « hors embargo » bien évidemment, mais qui n'achètent pas d'avions français. Qui prend les contacts ? « On est complètement autonomes : dès qu'on a le feu vert, on traite directement avec l'État en question », confie le PDG.
Et si un jour les commandes « explosaient », la SAMP suivrait-elle ? « L'armée française a des stocks tampons. Ensuite c'est la géopolitique qui dicte sa loi ». En cas de forte demande « nous avons les outils après, la question c'est d'augmenter les effectifs ».
Mais aujourd'hui, pour booster les ventes mieux vaut miser sur le développement du marché à l'exportation. « La France est présente en Afghanistan, mais... elle ne tire pas beaucoup », a observé Christian Martin.
(1) Société des ateliers mécaniques de Pont-sur-Sambre.

