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CONFÉRENCE

Patricia Barbizet, numéro 2 de PPR : les confidences d'une femme d'influence

vendredi 26.02.2010, 17:10
Patricia Barbizet, numéro 2 de PPR : les confidences d'une femme d'influence Patricia Barbizet, directrice générale d’Artemis (la holding du groupe Pinault), était l’invitée de la première conférence organisée par Sciences Po Lille Junior Conseil. PHOTO JOHAN BEN AZZOUZ.

Classée par le Financial Times parmi les vingt personnalités les plus influentes du monde des affaires, Patricia Barbizet, directrice générale d'Artemis (la holding du groupe Pinault) et vice-présidente du conseil d'administration de PPR, était l'invitée hier soir de la première conférence organisée par Sciences Po Lille Junior Conseil.

Quand on la voit arriver dans la salle de cours de l'Institut d'Etudes Politiques de Lille et prendre place devant les élèves, discrète et souriante, on pourrait croire au début ordinaire d'un cours. Patricia Barbizet n'est pourtant pas une personnalité ordinaire.

Classée par le Financial Times parmi les vingt personnalités les plus influentes du monde international des affaires, mais éloignée du feu des médias, Patricia Barbizet est ce qu'on appelle une femme d'influence.

A 55 ans, Patricia Barbizet possède en effet l'une des cartes de visite les plus impressionnantes du monde des affaires : directrice générale d'Artemis (la holding du groupe Pinault, qui possède notamment PPR, l'hebdomadaire le Point, Christie's et le Stade Rennais), vice-présidente du conseil d'administration de PPR (numéro deux mondial de l'industrie du luxe, numéro trois de la vente à distance avec Redcats, La Redoute ), membre de conseils d'administration de grands groupes du CAC 40 (Bouygues, TF1, Total), et nommée par Nicolas Sarkozy présidente du comité d'investissement du Fonds stratégique d'investissement (FSI), Patricia Barbizet est au cœur du grand capitalisme à la française.

C'est pourtant avec simplicité qu'elle a répondu ce jeudi à l'invitation de l'association Junior Création de Sciences Po Lille qu'elle parraine pour son premier cycle de conférences à caractère économique.

Pour la diversité, contre les quotas

« J'ai été diplômée de la première promotion mixte de Sup de Co Paris. Nous étions 25 filles sur 250 », sourit celle qui est encore la seule femme au conseil d'administration de PPR. N'allez pourtant pas voir en elle une féministe à tout crin. « Je suis par principe contre l'instauration de quotas de femmes dans les conseils d'administration des entreprises. Je préfère être nommée parce que je suis un bon administrateur plutôt que parce que je suis une femme. Mais je suis pour la diversité, c'est évidemment nécessaire. La moitié des diplômés des grandes écoles sont des filles, les entreprises n'ont pas envie de s'en priver. Les mentalités évoluent, je suis confiante ».

Sous le charme de Pinault

Elle débute sa carrière chez Renault en 1977, comme attachée de direction, puis directeur financier international. Elle y restera 12 ans, jusqu'à sa rencontre en 1989 avec François Pinault, qui cherchait un directeur financier pour son groupe PPR.

« Il m'a frappé par l'extrême densité de sa personne et de son regard, sa capacité à n'exprimer que l'essentiel. J'ai eu la chance d'accompagner la croissance d'un groupe en permanence à l'écoute des marchés de demain ».

A l'origine dans l'industrie du bois, évoluant vers celui de la distribution, puis du luxe, PPR a toujours évolué dans le sens du vent des affaires, avec un flair indéniable.

En 1992, Paticia Barbizet prend la direction générale d'Artemis, la holding gérant les participations de François Pinault dans les diverses affaires de son groupe. Une galaxie allant de PPR à Christie's, en passant par le vignoble Château-Latour, l'hebdomadaire Le Point, le Théâtre Marigny et même le club de foot du Stade Rennais (« un investissement affectif pour François Pinault qui habitait enfant à proximité du stade »).

PPR sans R ?

« Notre métier est celui d'investisseur, d'actionnaire professionnel, d'accompagner et développer les entreprises ». Mais aussi parfois de les quitter. François-Henri Pinault, fils du fondateur et actuel PDG de PPR n'a-t-il pas annoncé récemment qu'il entendait recentrer son groupe sur le luxe et la mode grand public et donc céder ses marques de distribution (Conforama, Fnac, Redcats).

« Le groupe a toujours évolué, s'est construit par acquisition de sociétés. Il arrive un moment où certaines sociétés peuvent avoir moins de résonance par rapport à la stratégie générale du groupe. Il faut alors leur laisser vivre leur vie », élude Patricia Barbizet.

Imaginer PPR sans La Redoute ? Faudrait-il enlever le R du nom ? Mais l'heure n'était pas aux questions qui fâchent, devant ce public d'étudiants fascinés par l'impressionnante carrière de Patricia Barbizet.

Le révélateur de la crise

Nommée le 20 novembre 2008 par Nicolas Sarkozy présidente du comité d'investissement du Fonds stratégique d'investissement (FSI), elle tient aujourd'hui les rênes d'un fonds de 20 milliards d'euros chargé de prendre des participations (« minoritaires, il ne s'agit pas de nationalisations ») et donc d'apporter les fonds propres indispensables aux entreprises françaises « stratégiques », confrontées à la crise. En 2009, le FSI a déjà investi 800 millions d'euros dans 21 entreprises (Vallourec, Gemalto, Trèves, Mecaplast, Technip, etc).

« Cette crise a au moins eu le mérite de montrer que ce sont les Etats qui peuvent apporter les réponses là où l'économie seule et les marchés ne peuvent se réguler ».

Pour Patricia Barbizet, la crise a été un « révélateur ». « Des pendules se sont remises à l'heure. Je pense qu'il y aura désormais plus de nuances dans les choses. Il faut revenir à des valeurs essentielles, les quatre vertus cardinales que m'a appris un vieux banquier : la prudence, la justice, la force au sens du courage, et la tempérance. On ne peut avoir de futur sans cela ».

Prochains rendez-vous de La Tribune Eco, le cycle de conférences de Sciences Po Lille Junior Conseil : Nicolas Beytout, directeur de la publication des Echos, le 18 mars ; Charles Beigbeder, créateur de Powéo le 25 mars ; Eva Joly, magistrate et député européen, le 29 avril.

JEAN-MARC PETIT

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