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Le futur hypermarché de Lille-Sud fait débat, les habitants et commerçants en veulent-ils ?

dimanche 16.05.2010, 05:07
Le futur hypermarché de Lille-Sud fait débat, les habitants et commerçants en veulent-ils ? Dans les petits commerces du faubourg des Postes, les avis sont partagés autour de ce projet...

Un pôle commercial de 40 000 m² au bout de la rue du Faubourg-des- Postes : le projet de la maire de Lille et du PS, défendu au conseil municipal de lundi dernier, a fait bondir les Verts. Les composantes de la majorité s'opposent vivement. Et les habitants de Lille-Sud, en veulent-ils ?

« C'est Carrefour ou Auchan au départ ? Un Leclerc maintenant ? » Cette vendeuse de la rue du Faubourg-des-Postes range dans l'étroit rayon de sa supérette des paquets de gaufres. Cet après-midi, les clients ne se bousculent pas. On entre pour un paquet de biscuits. « Tout ce que je sais, c'est que ça va casser les petits commerces, les bouchers, les boulangers... Les grandes surfaces ont les moyens de baisser les prix. Pas nous. » Dans son Alimentation générale ouverte il y a neuf mois, Badi trie les factures, soupire devant les taxes toujours plus lourdes sur les produits. Il se saisit d'un petit pot pour bébé, calé entre des pois chiches et des olives : « Je le vends 1,99 E. Je sais qu'à Carrefour, c'est 1,50 E. Mais mon atout, c'est que jusqu'à minuit, on peut venir acheter ce pot, de la soupe, de l'alcool. Je fais du dépannage, de la proximité. » Un hyper à 200 m ? « Je suis déjà concurrencé par Cora Wattignies, Auchan Faches... Mais avant, j'étais le seul ouvert un jour férié... » Une partie des commerçants se méfie. Parce que la crise les affaiblit. Parce que le « Faubourg des modes » n'a rien de la locomotive promise en 2007. L'hyper, « c'est la bombe qui va exploser ! » Larbi possède une boulangerie. Au coeur de l'après-midi, les baguettes sont chaudes et parfumées. « Je fais mon chiffre entre les 5 et 10 du mois. Même pour quelques centimes, les gens paient plus tard. Mais je me méfie des hypers qui poussent au crédit. J'ai peur qu'on fasse dépenser aux gens l'argent qu'ils n'ont pas. »

Les emplois que pourrait créer le pôle commercial ? 900, assurait encore lundi l'adjoint Pierre de Saintignon. 600 sera « un challenge » selon une source municipale qui évoque un « changement d'échelle » si le projet ne trouve pas sa parfaite intégration urbaine dans le quartier. « Des emplois ? Ok, mais ce n'est pas la peine de l'annoncer si c'est faux, lâche le boulanger.Je voudrais voir ces jeunes en formation aujourd'hui pour préparer les métiers qu'on va leur confier. Là j'y croirais ! » Un cycliste fait une halte et grince contre les Verts : « Ils ne veulent pas de l'hyper mais au moins, on ira tous à pied, c'est écolo, non ? » À la méfiance, François Desbottes, président de l'union commerciale des Boutiques du Faubourg, répond : « Sur les emplois, les négociations regardent mairie et promoteur. Ce qui me fâcherait, c'est que nous soyons exclus de la réflexion. Or ce n'est pas le cas. J'assiste depuis le début à toutes les réunions techniques. » Il sait que la grande distribution est « agacée » par les délais et le temps pris par la mairie.

Cette dernière, confie une source technique, « recherche l'équilibre à donner à ce projet sans concurrence exclusive pour l'environnement ». « Nous sommes en contact permanent avec l'opérateur, Vicity, nous travaillons sur le lien entre la galerie marchande et la rue. L'idée, c'est que nous ne formions qu'une seule union commerciale », explique F. Desbottes. « Le monde attire le monde. L'hyper sera une locomotive », plaide-t-il encore. « J'espère qu'il y aura du travail pour les jeunes », glisse Samira. Cette mère de famille fait tout à pied, les courses au Intermarché deux rues derrière, conduire le petit au foot, l'autre à la musique, aller au travail. Un hyper au bout de la rue, elle le souhaite surtout « pour les jeunes. Que les emplois comblent le vide, que le quartier bouge un peu... Et si un jour, ici, ça devenait comme la rue de Béthune ? » Elle sourit : « Les gens de là-bas (elle désigne l'autre côté du périph'), ils vont peut-être venir plus facilement... ? » •

PAR STÉPHANIE FASQUELLE

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