COMMERCE
Du nouveau dans le paysage commercial lillois avec l'arrivée de deux « love stores »
samedi 10.12.2011, 05:22
Les love stores proposent aussi bien des sex-toys que des objets décoratifs. PHOTO PATRICK JAMES.Il y a quelques semaines, deux magasins « Passage du désir » ont ouvert leurs portes à Lille, en centre-ville et dans le Vieux-Lille. Ces boutiques d'un nouveau genre, appelées « love stores », se proposent d'aider les couples à pimenter leur vie sexuelle grâce à des accessoires ludiques, beaux et chics. De quoi casser l'image des vendeurs d'objets sexuels traditionnels.
Le couple qui dure toute une vie est-il en voie de disparition ? On pourrait le croire à la vue des statistiques : alors qu'en 1970, seuls 10 % des mariages se soldaient par un divorce, aujourd'hui, la proportion approche 50 %. Un chiffre en constante augmentation. C'est pour tenter d'enrayer la tendance que Patrick Pruvot, publiciste lillois exilé à Paris, décide de créer un « love store dédié au développement durable du couple ».
C'était il y a cinq ans. Ses associés et lui sont alors convaincus que les accessoires et jeux coquins peuvent permettre aux couples de mieux communiquer et de s'épanouir. Mais vendus dans des sex-shops, ces objets étaient mal considérés. Les deux « love stores » ouverts à Lille ces dernières semaines ont donc vocation à démocratiser l'usage de ces jouets sexuels. « Nous sommes un anti sex-shop. Nous ne fondons pas notre commerce sur la frustration sexuelle, mais sur l'amour d'un couple », explique Fleur Breto, la directrice artistique de l'enseigne. Exit donc les cabines et DVD pornographiques qui font le succès des sex-shops. Et place aux jeux « Défis d'amour » et « Missions intimes », ainsi qu'aux livres Osez...
découvrir le point G et Sex after 40. Se côtoient également des cosmétiques aphrodisiaques, menottes frou-frou, déguisements sexy, ainsi que des post-its rigolos.
Après trois magasins à Paris, c'est donc Lille qui étrenne le concept en province. Mais les moeurs sont-elles les mêmes que dans la capitale ? Pour Corinne, responsable du love shop Candeurs et Voluptés, rue Basse, rien n'est moins sûr. « On est un village à côté de Paris. Se mettre en plein centre-ville, c'est risqué car les gens ont peur d'être reconnus en sortant. Je le vois dans ma boutique : c'est encore tabou. »
D'ailleurs, parmi les clients croisés dans les love stores, peu assument leur présence. « Je ne m'y intéresse pas trop, ce n'est pas tellement mon truc », assure Charlotte alors qu'elle est plantée devant le rayon sex-toys. Les « Je viens juste pour regarder » ou « par curiosité » sont légion. Pourtant, les clients sont là. Des femmes surtout, et plutôt jeunes, à l'image de Lili, la quarantaine, mariée, et qui vient juste d'acheter un lubrifiant. « Je n'irai jamais dans un sex-shop, mais là c'est rassurant. C'est propre, lumineux et ouvert. »
En effet, les love stores ressemblent à n'importe quelle boutique. « On nous compare souvent à Nature et Découvertes car on a plusieurs produits pour les massages. Des sex-toys et des jeux coquins en plus ! » Preuve que ça marche auprès des couples : les pics de vente se font au moment de la fête des Mères, de la Saint-Valentin et la veille des grands week-ends. Après l'effet de nouveauté, reste à savoir si les Lillois seront convaincus de l'effet bénéfique de ces objets sur leur couple.
Deux boutiques Passage du désir, 57, rue de Béthune et 21, rue de la Clef. Ouvert le lundi de 14 h à 19 h et du mardi au samedi de 11 h à 19 h.

