ON EN PARLE
Le Valenciennois pôle régional du commerce en 2020 ? Là, il y a débat...
vendredi 13.01.2012, 05:30
La zone de Petite-Forêt et ses 70000m² de surface commerciale est le pôle majeur de la CCI Grand Hainaut.La présentation du livre blanc du commerce en Grand Hainaut, mardi soir, a été l'occasion de dresser un état des lieux de la situation actuelle dans les arrondissements de Valenciennes, d'Avesnes et de Cambrai, et de se projeter vers 2020 via des préconisations... Pas forcément du goût de certains élus surpris par une conception du « développement commercial et attractif du territoire » qui sourit beaucoup au Valenciennois.
Jean-Pierre Drouard, consultant du cabinet spécialisé en urbanisme commercial ISERCO de Strasbourg a présenté le livre blanc de la CCI Grand Hainaut, voulu comme un outil d'aide à la décision des collectivités locales pour l'élaboration des documents d'aménagement commercial (DAC). Une approche technique a priori mais, dans les faits, très concrète : d'après l'étude, l'agglomération valenciennoise est confirmée en tant que pôle régional, sachant que cet arrondissement réunit 50 % des emplois du territoire de la CCI et 47 % de la population. Dès lors, la zone de Petite-Forêt, n°1 sur le territoire, méritera d'être confortée dans les années à venir, pour peu que, comme le souhaite le maire, Marc Bury, soit validé un nouvel accès au site.
En ce qui concerne les autres arrondissements, les préconisations sont ciblées, mais limitées : création sur le secteur d'Escaudoeuvres d'une grande surface spécialisée dans le bricolage et le jardinage (en complément de l'hypermarché), le développement de zones sur Le Cateau et Solesmes ; le renforcement de l'existant (60 000 m² de surface commercial sur Louvroil-Hautmont) dans l'Avesnois. Et, dans tous les cas, la valorisation et l'amélioration du commerce de proximité, de centre-ville et de centre-bourg, en soutenant notamment les associations commerciales. Ouf, on soufflé certains. Mais pas tous. « Nous, nous sommes les grands oubliés !, a lancé Daniel Delwarde, maire de Proville qui compte une zone commerciale attractive. Vous défendez un développement sur Escaudoeuvres alors qu'il y a déjà là beaucoup de passage et que les infrastructures routières sont insuffisantes. Je crains une régression de clientèle si de nouveaux magasins sont proposés. » Et de rappeler une étude menée sur le sujet par feue la CCI du Cambrésis il y a deux ans : « Je n'en ai rien retrouvé ce soir (mardi) ». Là, ça coince...
Paul Raoult, maire du Quesnoy, s'est, lui, dit « perplexe », bien que défenseur de la CCI Grand Hainaut : « Quand je regarde cette étude, je me dis que c'est celle du Valenciennois. Le Cambrésis et l'Avesnois sont oubliés. Je suis surpris qu'on envisage un développement sur Le Cateau, alors qu'il y a une zone importante sur Caudry. » Et d'argumenter aussi pour Le Quesnoy où l'offre commerciale est désormais forte et séduisante pour un bassin de 40 000 habitants. La réponse fut un constat, amer et difficile à entendre, sans doute : dans l'Avesnois, entre 2006 et 2008, concernant l'alimentaire, les achats « sur place » sont en net recul par rapport au taux de référence. Moins 10 points à Maubeuge ; moins 23 points à Landrecies et Jeumont, c'est beaucoup. « Et c'est pire en non alimentaire. Les ménages vont ailleurs. Si on maintient l'offre existante, c'est déjà bien », a assuré Jean-Pierre Drouard. De quoi faire réagir dans le landerneau.
Côté valenciennois, les élus présents ne se sont pas tapé sur le ventre en écoutant les préconisations du livre blanc. Marc Bury, maire de Petite-Fôret et vice-président en charge du commerce au sein de Valenciennes Métropole, a ainsi lancé dans le débat le transfert d'Auchan Valenciennes sud à Marly, communément surnommée l'Arlésienne dans le secteur. Eh bien la réponse de la CCI a été : non. Pas certain du tout qu'on en reste là pour autant ( lire ci-dessous).
En tout cas, pas de doute, au sein de la CCI Grand Hainaut, le débat existe bien. Les différents acteurs qui, sans remettre en cause la structure, défendent légitimement leurs territoires.
MARTINE KACZMAREK

