Le meilleur ouvrier de France 2007, option photo, est Basséen
mercredi 28.11.2007, 08:56Ce n'est pas en raison de sa vitrine que l'on pousse la porte de Jean-Christophe Hecquet, photographe à La Bassée. On y vient, souvent de loin, uniquement pour la qualité et l'originalité de ses prises de vues. Il vient de remporter le prix de meilleur ouvrier de France (MOF). Un quart de siècle de métier, du génie canalisé et un an de travail.
N'est pas MOF qui veut, se dit-on quand Jean-Christophe Hecquet détaille chacune des sept photos qu'il avait à présenter dans l'espoir d'obtenir le prix. Sept thèmes imposés, avec des consignes très précises, pour tester autant l'esprit créatif que la maîtrise technique. À titre d'exemple les concurrents avaient à réaliser un portrait en noir et blanc une femme en buste se regardant dans son miroir en vérifiant sa coiffure : un chignon.
Le jury précisait également « il sera tenu compte de la chevelure, de l'expression, du modelé du visage et de l'absence d'objets insolites reflétés dans le miroir ». « Pour cette photo, j'ai eu la chance de sympathiser avec un coiffeur inscrit lui aussi au concours MOF. Il avait besoin de photo, j'avais besoin d'un modèle. Keyura, c'était son nom, s'est admirablement prêtée au jeu. » Un jeu qui a tout de même duré une journée entière, afin de soigner chacun des détails amenant à l'équilibre de la composition. Les orchidées de la coiffure sont de véritables fleurs. La lumière diffuse inondant le modèle a été créée grâce à une tente blanche la finesse de la peau du bras droit, accentuée par un spot sous la table. Le plus délicat a été de doser les reflets sur la chevelure noire. Une difficulté qui a impressionné le jury, car les autres concurrents arrivés en finale avaient choisi des femmes blondes.
La composition de l'intérieur d'une l'église présentait un autre type de prouesse. Plus question de réaliser la photo en une seule prise de vue, mais en plusieurs dizaines, mettant chacune en valeur, une partie de l'édifice, pour être ensuite assemblées. Mais avant cela, il a fallu avoir l'autorisation de disposer d'un édifice pendant une nuit entière, pour pouvoir travailler. La mairie de Tourcoing a accepté. « Nous avons commencé par bouger tous les bancs et chaises, pour que le coeur soit vide ». Puis, après avoir immobilisé l'appareil photo à six mètres de hauteur, au moyen d'un pied posé sur des tables, il a « promené » sa lampe, sous chaque partie de l'édifice qu'il voulait mettre en valeur. Pour les vitaux, il a su profiter de la lumière du crépuscule à l'ouest, et, 6 heures plus tard, de celle l'aube à l'est. Peut-être est-ce pour cela que son oeuvre finale donne le sentiment que cette église Saint-Christophe est hors du temps.
