Energie et Environnement

Entre fermeture, manifs et réouverture, le feuilleton Vitse a été mouvementé

jeudi 03.01.2008, 08:54
Entre fermeture, manifs et réouverture, le feuilleton Vitse a été mouvementé En mai et juin, la société Vitse a été contrainte à la fermeture administrative.

Certes, le « feuilleton » Vitse-Devarem, la plate-forme de recyclage d'Houplin-Ancoisne (la plus grande d'Europe), ne date pas de cette année, mais alimente nos chroniques depuis 1999, date d'installation de l'entreprise au bord de la Deûle. Mais, l'année 2007 a été riche en rebondissements avec une fermeture temporaire décidée par le préfet.

L'année 2007 démarrait par une première manifestation contre Vitse-Devarem, comme on en avait vu plusieurs les années précédentes, menée par le maire d'Houplin-Ancoisne Bruno Foucart et une soixantaine d'habitants, fin janvier. Tous en colère contre les nuisances sonores causées par les camions de la plate-forme. Cela fait belle lurette que le maire, des riverains d'Houplin-Ancoisne, de Santes et d'Haubourdin, et des associations de défense de l'environnement réclament le départ de Vitse. Ils estiment que la localisation de la plate-forme, près du parc de la Deûle et d'habitations, avec passage des camions de gravats dans les rues principales, n'est pas appropriée.

Quelques mois plus tard, mi-mai, événement inédit, c'était au tour des salariés de l'entreprise de manifester avec force, dans les rues de Lille pour sauver leurs emplois on les a même vu camper devant la préfecture... Et le conflit local envenimé par des années de non dialogue prenait une dimension régionale.

Et pour cause, pour la première fois, le 11 mai 2007, le préfet ordonnait la suspension de l'activité de traitement et de recyclage de matériaux de la société Vitse-Devarem. Cet arrêté - très rare dans le domaine des installations classées - intervenait après plusieurs mises en garde de la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (DRIRE). Plusieurs inspections en 2006 et 2007 avaient en effet prouvé que la plate-forme ne respectait pas les prescriptions imposées dès 2005 ! Des prescriptions drastiques qui concernent les horaires d'accès des camions, le nombre maximum de camions entrants par jour, la hauteur des stockages, le bâchage des poids lourds... De son côté, Vitse-Devarem dénonçait une injustice et plaidait la reprise d'activité devant le tribunal administratif, qui confirmait la suspension d'activité.

Pourtant, cinq semaines après la décision préfectorale, le 21 juin, Vitse-Devarem pouvait tout de même rouvrir ses portes. Depuis, c'est le statu-quo entre les anti-Vitse et l'entreprise... Mais, on sait que le maire d'houplin-Ancoisne est à l'affût de la moindre faute de la part de Vitse. L'année 2008 risque d'être encore riche en manifestations. A moins que le dirigeant de la plate-forme trouve un autre lieu pour s'implanter, loin des habitations, et loin d'Houplin-Ancoisne... •

ANNE-GAËLLE DUBOIS

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