ENVIRONNEMENT
Lorsque la culture des biocarburants détruit les écosystèmes, le CO2 progresse
vendredi 08.02.2008, 11:14Convertir les sols pour produire des biocarburants ne résoudra pas le problème du réchauffement climatique. Au contraire, cela augmente les émissions de gaz à effet de serre.
« Si on essaye de limiter le réchauffement de la planète, il est absurde de convertir des sols pour produire des biocarburants. » Joe Fargione, chercheur au Nature Conservancy, une puissante organisation américaine de protection de l'environnement, coauteur d'une étude publiée dans la revue Science, en est convaincu : « L'agriculture mondiale produit déjà des aliments pour six milliards d'êtres humains ; accroître la production de biocarburants entraînera forcément la conversion de davantage de superficies naturelles pour des cultures. » Le CO2 qui se retrouve dans l'atmosphère du fait de la perte des forêts vierges, des savanes, des tourbières ou des steppes converties en terres de culture dépasse nettement le volume de CO2 qui n'est pas émis dans l'air grâce à l'utilisation de biocarburants.
Les chercheurs ont ainsi calculé que les reconversions de terres agricoles pour cultiver du maïs ou de la canne à sucre - à partir desquels on produit l'éthanol ou encore du soja pour le biodiesel - se traduisent par des volumes d'émissions de CO2 de 17 à 420 fois plus grandes que la réduction obtenue par l'utilisation des biocarburants.
Forêt amazonienne
Pourquoi ? Parce que le carbone emprisonné dans les arbres et plantes détruits, ainsi que dans le sol où étaient ces végétaux, se retrouve dans l'atmosphère sous forme de CO2 ! Les experts notent ainsi que le fort accroissement de la demande pour l'éthanol du maïs aux États-Unis participe à la destruction croissante de la forêt amazonienne au Brésil.
En revanche, il existe des biocarburants qui ne contribuent pas au réchauffement climatique. Ceux-là sont produits à partir des déchets agricoles et forestiers, comme les copeaux de bois, ainsi que des plantes herbacées qui poussent sur des terres non propices à l'agriculture.




