Energie et Environnement

FRESNES-SUR-ESCAUT

La friche Battaille : pavé lancé dans la mare ou argument électoral ?

mercredi 27.02.2008, 09:17
La friche Battaille : pavé lancé dans la mare ou argument électoral ? À la limite de Fresnes et d'Escautpont, les engrais Battaille «sortent du bois», douze ans après la fermeture du site. PHOTO LA VOIX.

Attaquer le seul maire Vert du secteur en agitant le spectre d'une pollution, c'est le pavé dans la mare lancé par Sylvain Papin, tête de la liste d'opposition « L'Avenir fresnois ». Fermées en 1996, les friches des engrais Battaille, où la mairie veut construire un quartier résidentiel, se retrouvent au premier plan, à quinze jours du scrutin. Luc Coppin s'insurge.

Pour Sylvain Papin, l'état de la friche Battaille est l'argument qui pourrait faire mal au maire sortant. «  On m'a dit, à Valenciennes, que je soulevais un lièvre. » Le candidat d'opposition s'est déjà rendu chez les riverains de l'entreprise qui produisait et mettait en sachets des engrais, à la frontière de Fresnes et d'Escautpont, de 1928 à 1996. Les conclusions d'un arrêté préfectoral en main, datées de septembre 2006, il a alerté les habitants sur les risques auxquels ils s'exposent en se rendant sur le site.

Les phrases font froid dans le dos. La préfecture interdit toute baignade, toute culture et recommande de prendre des dispositions si, d'aventure, on cherchait à manipuler la terre. Les enfants, qui avaient l'habitude d'y récupérer des ballons tombés, disent qu'ils n'y vont plus. «  La mairie n'est pas responsable de cette pollution, concède Sylvain Papin. Mais elle n'a pas informé les habitants du danger et elle n'a pas veillé à clore le site. C'est catastrophique quand on sait que le maire est un biologiste qui a été élu sous l'étiquette écologique. »

La réponse de Luc Coppin, le maire de Fresnes effectivement biologiste de profession, fuse : « Certains se préoccupent de l'environnement juste avant les élections tandis que ca fait trente ans que je m'occupe d'écologie, que je dénonce les dérives. Ce n'est pas pour les encaisser moi-même !  » Il saisit les 150 pages du dossier, qui ont été résumées en trois feuillets dans la conclusion de l'arrêté préfectoral. Les mesures draconiennes préconisées ? «  Ce sont des recommandations maximales qui sont reprises dès qu'un sol est pollué. On crie aujourd'hui “au loup” alors que la mairie s'en occupe depuis 2000 puisque, responsable, elle cherche à requalifier le terrain. Durant un temps, on a même pensé à y construire le lycée horticole. »

Luc Coppin compte les sept piézomètres qui sont toujours sur place pour faire des mesures, sort les analyses effectuées en 2005 par la société SGS. Elle note la présence d'hydrocarbures («  On en trouve partout dès que des camions circulent sur un site »), de cuivre, de mercure, de plomb, de zinc, d'arsenic et de chrome. Mais elle n'est pas alarmante quant à l'éventuelle pollution des eaux. «  C'est sûr que la terre porte les traces de cette exploitation. Cependant, pour qu'elle constitue un risque, il faudrait qu'elle soit ingérée ou qu'on s'y roule régulièrement » commente le maire sortant. Il rappelle que ce terrain appartient toujours à une société belge nommée Kémira (1) et que les habitants n'ont pas le droit de s'y rendre, même si les barbelés cisaillés prouvent que certains n'en ont cure. •
> 1- La mairie est en pourparlers pour racheter le site et discute avec l'État et l'Établissement public foncier, qui se chargeraient de sa dépollution.

DIANE LENGLET
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