Le diesel au prix de l'essence, ce n'est plus une affaire
vendredi 21.03.2008, 05:53Quand les concessionnaires vendent leurs modèles diesel au prix des essence, cela signifie une belle remise pour les clients. Quand il s'agit du prix à la pompe, c'est moins intéressant !
Les normes antipollution de plus en plus strictes et adoptées dans un nombre croissant de pays se focalisent sur le réchauffement climatique, donc sur les rejets de CO2. Pour les abaisser, la seule solution est de réduire la consommation et, dans ce domaine, les moteurs Diesel seront toujours techniquement plus efficaces que les essence.
Poussés par des consommateurs qui voulaient - aussi et surtout - des voitures peu coûteuses à l'usage, les constructeurs européens se sont engagés à fond dans cette voie. Ainsi ont-ils créé une spécificité en Europe, où plus de 53 % des véhicules vendus carburent au gazole : La France bat tous les records de diésélisation avec 73,9 % des ventes tandis que les autres pays de l'Union voient la part du gazole augmenter.
Forcément, cela a déséquilibré les ventes de carburants, avec une désertion des pompes distribuant du super (majoritaires il y a encore quelques années) et une demande croissante pour le gazole. Or ce dernier est un résidu du pétrole et lors des opérations de traitement, les lois de la physique sont imperturbables : pour un kilo de brut, on obtient bien plus d'essence que de gasoil. La loi de l'offre et de la demande vient, elle aussi, s'appliquer brutalement : les prix à la pompe du gasoil montent (+ 0,16 euro depuis avril 2006) plus vite que ceux du SP95 (+ 0,06 euro). Dans la région, l'écart entre les deux carburants était hier à 9 centimes, alors qu'il était habituellement autour des 25.
Cette tendance n'est pas éphémère car la demande en gazole va s'accroître en France (avec l'écopastille), en Europe (normes Euro V puis euro VI) et dans le monde. Les Américains commencent à montrer un certain intérêt pour ce carburant qu'ils réservent pour l'instant à leurs camions et à leurs tondeuses à gazon. Le marché américain vend 16 millions de véhicules par an. La part du diesel est pour l'instant de 3,6 % mais elle devrait atteindre dans quelques années les 25 %.


