CENTRALE NUCLÉAIRE

Centrale nucléaire de Gravelines : EDF a mis en place un plan de rigueur pour diminuer les incidents techniques

Publié le 28/03/2008 à 11h36

Lavoixeco - Le comité local d'information (CLI) de la centrale nucléaire de Gravelines s'est réuni mercredi matin sous la présidence de Jean-Claude Delalonde. Au programme : le fonctionnement du site en 2007 et le bilan, globalement satisfaisant, des contrôles effectués sur les installations par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Centrale nucléaire de Gravelines : EDF a mis en place un plan de rigueur pour diminuer les incidents techniques
Lavoixeco - Le comité local d'information (CLI) de la centrale nucléaire de Gravelines s'est réuni mercredi matin sous la présidence de Jean-Claude Delalonde. Au programme : le fonctionnement du site en 2007 et le bilan, globalement satisfaisant, des contrôles effectués sur les installations par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Soixante-trois : voilà le nombre d'événements significatifs sûreté (ESS) de niveau 0 et de niveau 1, sur une échelle de 7, enregistrés en 2007 à la centrale nucléaire de Gravelines. Rien de bien alarmant, certes, dans la mesure où ce type d'incidents, essentiellement survenus au cours du premier semestre, ne relèvent que de la simple anomalie (rejet gazeux, dépassement de température d'un petit degré sur un réacteur, etc.). L'autorité de sûreté nucléaire, elle, estime toutefois que c'est trop et n'hésite pas à parler « d'année désastreuse sur ce point ». Une année, surtout, qui fut très lourde pour EDF, car marquée par la visite décennale des installations...
Baisse significative


Pointés du doigt ? « Un manque de rigueur dans l'application des règles d'exploitation et un manque d'encadrement des primo-intervenants et des prestataires lors de phases sensibles », répond François Godin, responsable de la subdivision régionale de l'ASN, basée à Douai.
Face à cette situation, EDF a décidé de mettre en place, dès le deuxième semestre 2007, un plan de rigueur d'exploitation. Ses objectifs ? Entre autres, sensibiliser le personnel en renforçant la présence du management sur le terrain poursuivre une dynamique d'embauches (38 en 2007, au moins 64 cette année) pour étoffer les pépinières (les agents en phase d'acquisition de compétences) revoir l'organisation et les méthodes de travail améliorer la surveillance des prestataires et renforcer les contrôles internes.
Depuis la mise en application de ce plan de rigueur, qui réjouit la sous-préfecture et l'autorité de sûreté nucléaire, le nombre d'incidents a enregistré une baisse significative (seulement cinq sur le premier trimestre 2008). « La sûreté se gagne au quotidien. Rien n'étant jamais acquis, il ne faut pas se satisfaire de cette situation, il faut au contraire maintenir la pression », insiste toutefois François Godin. « Soixante-trois incidents l'année dernière, cela ne nous satisfait pas du tout, enchaîne Éric Jouen, directeur de la centrale de Gravelines. Ici, toutefois, il ne s'agit pas de ne jeter la pierre qu'aux prestataires, car des agents d'EDF ont eux aussi été impliqués. Le problème, c'est le renouvellement des compétences. Aujourd'hui, nous menons un gros travail, notamment sur les arrêts de tranche ». Dans ce contexte, ce que vise aussi EDF, c'est d'obtenir « un état exemplaire » de ses installations, qui s'est concrétisé par un programme ambitieux de travaux, soit 65 M E investis d'ici 2011. Déjà, une première tranche a été réalisée pour 10 M E l'année dernière et l'enveloppe passera à 12 M E cette année.
Autre point sur lequel EDF a réalisé des progrès : le risque incendie, soit une diminution par trois du nombre de départs de feu (souvent de simples dégagements de fumée) entre 2005 et 2007. « Nous rencontrons des difficultés à faire appliquer, par les témoins, l'appel immédiat des secours par le 18, mais nous y remédions par une campagne de communication importante », indique Dominique Argilaga, chef de la mission sécurité à la centrale de Gravelines.
Et ce n'est pas tout. En 2007, les effectifs dédiés à la maîtrise du risque incendie ont également été renforcés et la direction du site a démarré la rénovation totale des réseaux d'eau incendie, programmée sur trois ans. « Nous avons aussi amélioré ou mis en place de nouvelles organisations, par exemple dans l'utilisation des réseaux d'eau incendie et de gros efforts ont été consentis pour gérer les bornes incendie », ajoute Dominique Argilaga.
Et de conclure : « Depuis 2007, une équipe de dix personnes est systématiquement déclenchée en cas d'alarme, ce qui améliore la chaîne de secours ». •
> En 2007, l'autorité de sûreté nucléaire a effectué 37 inspections à la centrale nucléaire, dont 13 inopinées.

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