Energie et Environnement

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Olivier Desurmont a changé sa vie en lavant des autos... sans eau !

mardi 06.05.2008, 09:13
Olivier Desurmont a changé sa vie en lavant des autos... sans eau ! Sineo, concept de lavage sans eau, c'est la réussite et l'idée d'un homme : Olivier Desurmont. PHOTO "LA VOIX".

Un jour peut-être, lui viendra-t-il l'idée de marcher sur l'eau. Mais pour l'heure, il n'admet plus cette habitude de consommer le précieux liquide pour astiquer son automobile...

L'histoire d'Olivier Desurmont est belle. Mais avant de la comparer à un conte de fée, ce jeune Lyssois de 32 ans, naguère poloïste de haut niveau aux Enfants de Neptune de Tourcoing, ne s'est pas embarrassé de fioritures en se mettant, tout bonnement, sur la paille il y a quelques années.

C'est que le jeu, s'était-il persuadé à l'époque, en valait la chandelle. Titulaire d'un master en logistique et gestion de projets, soit six années après le bac, jeune cadre «  aérodynamique » chez Suez à Paris en 2003, il abandonna le costume-cravate pour adopter le bleu de chauffe. Question de goût.

30 000 m³ d'eau économisés !
« Très vite, je me suis aperçu que je n'étais pas dans mon élément. Dès l'âge de 18-19 ans, j'ai voulu créer mon entreprise. Je cherchais la bonne idée. En 2003, la canicule aidant et les arrêtés préfectoraux tombant comme à gravelotte, j'ai découvert les nettoyages de voiture sans eau. Il y avait quelque chose à creuser. » Olivier Desurmont n'hésita pas un instant à plonger son mètre quatre-vingt-treize dans l'aventure. Sans eau, mais avec des muscles. Sa belle Allemande à quatre roues fit d'abord les frais de l'initiative. Avec 7 000 E « et quelques cacahuètes » en poche, puis une camionnette et un bleu de travail pour seuls outils, il se lance, en août 2004, dans les affaires... « Quand j'ai annoncé ça à ma mère, elle a pleuré toute la journée ! À 28 ans, je retournais habiter chez mes parents. » Pour ce grand célibataire attardé qui n'en est finalement pas un, le concept Sineo (du latin sine qui veut dire sans... et o !) était donc né. Août 2004 : il apprend le métier jusqu'en mai 2005. Après avoir testé l'ingéniosité et la fiabilité du concept, il fait le tour des concessionnaires et des entreprises. « Je vivais avec 300 E par mois ; en guise de perspective, je lisais des inquiétudes dans les yeux des autres... » À Lille, il achète une vieille station-service, rue du Faubourg-de-Roubaix, qu'il retape avec ses potes du « polo » lillois. En guise d'ouverture, il joue l'homme-orchestre. « J'étais seul, j'accueillais les clients et je lavais les autos. » De 150 litres d'eau utilisés pour redonner un teint de jeune fille à une vieille guimbarde, il ramène le tout... à deux litres ! Desurmont se vante d'avoir économisé la bagatelle de trente millions de litres (30 000 m³ !) depuis le départ de son lucratif commerce... Sa géniale invention est vouée au succès.

Trois ans plus tard, le voici à la tête de dix-sept, ou peut-être dix-huit, il ne sait plus trop bien, centres de lavage en France... et de 200 salariés. Le succès ne lui est pas monté à la tête l'homme est resté le même. Avec des convictions simples, humanistes.

Une vocation sociale
« J'ai développé mon entreprise sur des critères qui me tenaient à coeur. Si je ne suis pas un écolo convaincu, l'environnement m'intéressait. J'ai décidé de remplacer le capital eau... par l'homme, la machine par l'homme. » Chez Sineo, la dimension sociale n'est donc pas un vain mot. Dans ses stations, Desurmont recrute en priorité des chômeurs longue durée, des handicapés, des Rmistes, des jeunes en difficulté, le panel « mauvais genre », pourrait-on dire, pour une entreprise « bien-sous-tous-rapports »...

« Dans chaque centre, il y a 80 % de salariés de ce type, sous la responsabilité d'un encadrant social. On peut faire du business et le faire proprement, se justifie-t-il. Je veux être fier de ce que je fais. » Pour quelques égarés de la vie et du travail, Sineo est l'alternative professionnelle qui leur a rendu la dignité. Mais le contrat ne dépasse pas deux ans.

À la clé, une formation, un suivi psychologique, une aide au retour à l'emploi. Au fil du temps, Olivier Desurmont a retrouvé un gendarme, un paysagiste, un plombier, etc. Et plus que le lavage sans eau, si ça, ce n'est pas un miracle... •

DIDIER PARSY

LE CHIFFRE

• 12 C'est, en millions d'euros, le chiffre d'affaires espéré par Olivier Desurmont, fin 2008. En 2006, il était de 500 000 E ; en 2007, il passait à 4 millions... Après la France, Sineo ouvre des centres de lavage à l'étranger. Le premier à Bruxelles, début juin, mais quinze suivront dans les prochains mois en Belgique. La marque a aussi été franchisée. Deux franchises par mois s'ouvrent en France, alors que Sineo croule sous la demande...

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