RECYCLAGE
À Isbergues, malgré 90 emplois, le projet d'ArcelorMittal contesté
mardi 17.06.2008, 05:01Avec le projet Recyco, procédé « zéro déchet » de revalorisation de produits sidérurgiques, la société ArcelorMittal a annoncé la semaine dernière la création de 90 emplois sur le site de l'ancienne aciérie électrique d'Isbergues, près de Bruay-La Buissière. Une bonne nouvelle qui fait pourtant grincer des dents parmi les riverains...
> Le contexte. - Le 28 avril 2004, la direction d'Ugine &ALZ confirmait la fermeture de l'aciérie d'Isbergues. Les fours s'immobilisaient le 28 septembre 2006. Face aux 410 postes restés sur le carreau, la société décide alors d'un plan de sauvegarde de l'emploi en faisant appel au cabinet SODIE. Sa mission : aider à la création d'un nombre d'emplois équivalent en accompagnant les porteurs de projets... Pour l'heure, 343 emplois ont été entérinés et Recyco doit permettre d'atteindre le chiffre escompté.
> Recyco, kezaco ? - Le projet est de recycler des boues et des poussières de métaux et d'aciers inoxydables, ou spéciaux, provenant des aciéries de Dunkerque, Gand ou encore Charleroi. Les fonte, chrome et nickel retirés seront monnayables sur le marché. Et Arcelor va redonner vie à l'outil industriel endormi en réutilisant les fours de l'aciérie.
> Redynamiser le bassin d'emploi. - La création de 90 emplois a été annoncée publiquement la semaine dernière par les représentants de la société. Qui s'est engagée sur 50 emplois directs (production, maintenance, logistique et administratif) et table sur 40 emplois induits. Le projet devrait démarrer en fin d'année après délivrance d'un arrêté préfectoral, courant octobre. Le transport des déchets par voie d'eau devrait être privilégié pour « réduire le recours aux transporteurs routiers ». Et en attendant de voir si Recyco rime avec écolo, le projet est décrit comme un procédé « zéro déchet ».
> Le « zéro déchet » dans le collimateur des riverains. - Si ArcelorMittal garantit des normes de sécurité sanitaire draconiennes - « dignes d'un incinérateur » -, des riverains et d'anciens métallos estiment que le risque de pollution de l'air et des eaux est réel.
Mais après un premier bilan environnemental en 2007, la DRIRE a donné son feu vert. Les données collectées, « tirées de vingt jours d'essais menés sur trois mille tonnes de produits de l'activité », ont conclu à la viabilité du dossier. Comprenez : l'usine rejette, mais insuffisamment pour nuire à la santé... Près de 140 000 tonnes de produits devraient être traitées sur le site chaque année.




