CENTRALE NUCLÉAIRE DE GRAVELINES
« EDF ne ralentit pas ses programmes d'investissements humains »
mardi 02.12.2008, 04:52Si certains industriels affirment être frappés de plein fouet par la crise (suivez le regard...), d'autres ne se gênent pas pour crier l'inverse haut et fort : « La crise, nous, on ne connaît pas ». Parmi eux, le secteur de l'énergie et EDF, qui va lancer un vaste programme d'embauches sur ses sites, dont Gravelines.
Hausse régulière de la consommation d'électricité, lutte contre l'effet de serre, prix élevé du pétrole et épuisement attendu des gisements d'hydrocarbures. Autant de facteurs, selon Jean-Michel Quilichini, directeur de la centrale de Gravelines, amènant « un nombre croissant de pays à penser que l'énergie nucléaire peut constituer une réponse aux besoins énergétiques futurs ».
Dans le cadre de cette relance mondiale, EDF entend donc s'investir dans la construction et l'exploitation de nouvelles centrales nucléaires. Pour répondre aux enjeux du marché, « EDF va embaucher 15 000 personnes dans les cinq années à venir, essentiellement dans le domaine de la production d'électricité sans CO² », annonce Jean-Michel Quilichini.
Quid du site de Gravelines, qui emploie plus de 1 600 personnes ? En activité depuis 1980, il est le plus important du groupe en Europe, mais subit depuis le début des années 2000 les effets du « papy-boom ». Traduisez : le départ à la retraite de salariés présents au démarrage du site, soit 40 % de l'effectif d'ici 2015. « Les flux ont quadruplé depuis le début des années 2000 et atteindront un pic sur la période 2009-2013, soit entre 80 et 100 départs par an », explique Jean-Michel Quilichini.
Pour anticiper ces départs et renouveler les compétences dans ses unités de production, le site prévoit au moins 80 embauches en 2009, « et un flux équivalent devrait se poursuivre en 2010 et en 2011 », précise Jean-Michel Quilichini. Ces départs concernent des métiers hautement sensibles tels que la conduite (38 % des effectifs du secteur), les automatismes, les essais, la chimie, la sûreté et la radioprotection (42 %), mais aussi le tertiaire (42 %), la maintenance (47 %) et la protection du site (le gardiennage, soit 65 %).
« Malgré la crise, conclut Jean-Michel Quilichini, EDF ne ralentit pas ses programmes d'investissements humains. Nous sommes sur une vision à long terme, car c'est aujourd'hui que l'on prépare l'avenir. »


