Sûreté nucléaire : la CLI et l'ASN veillent
mardi 02.12.2008, 04:52La CLI (commission locale d'information) de la centrale nucléaire de Gravelines, présidée par Jean-Claude Delalonde, suit avec beaucoup d'attention le renouvellement des effectifs du site.
Dans ce contexte, comment la centrale nucléaire s'organise-t-elle ? Disposera-t-elle de personnels suffisants et suffisamment qualifiés pour faire fonctionner des installations sensibles ? Conformément à la loi sur la transparence et la sécurité nucléaire (TSN) du 13 juin 2006, la CLI y veille, tout comme l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), « car il nous appartient de veiller au management de la sûreté, à la fois en terme d'hommes et d'organisation », souligne François Godin, chef de la division de l'ASN de Douai.
Structure partenariale d'information, d'échanges et de concertation sur les questions liées au fonctionnement du site, la CLI a organisé onze réunions en 2008, dont deux plénières (objectif : faire le point sur l'activité de la commission et orienter ses actions), et rassemblé à trois reprises sa commission « sécurité des populations ». Scénarios d'accidents et leurs conséquences, rejets de tritium, surveillances des eaux souterraines, etc.
: autant de thèmes, parmi d'autres, qui ont été abordés lors de ces réunions, auxquels s'ajoute une participation aux travaux menés par l'ASN et par l'ANCLI (l'association nationale des CLI).
Échelle INES
Dès janvier, les CLI vont bénéficier d'un nouveau statut. Plus concrètement, la nouvelle réglementation leur imposera d'être composées à 50 % d'élus et à 50 % de représentants associatifs, d'experts du monde économique et d'organisations syndicales (jusqu'à présent, cette répartition n'était pas chiffrée et dépendait de chaque CLI).
Réaction de Jean-Claude Delalonde : « Sans statut, notre CLI a toujours très bien fonctionné. Nous avons une autorité de sûreté nucléaire présente, disponible, tout comme l'exploitant, EDF, qui a toujours joué le jeu. Quand on voit la richesse de ce qui a été accompli sans texte, on espère que ça marchera encore mieux avec ! » Autre réaction, celle de l'ADELFA. Si son président, Jean Sename, se réjouit de l'existence d'une structure comme la CLI, ses remarques se tournent vers l'ASN et sur la fiabilité de l'échelle INES (l'échelle d'évaluation des incidents sur les sites nucléaires). « Elle me paraît inappropriée, car ses appréciations varient selon les pays. En outre, elle ne tient pas compte de l'impact de ces incidents sur l'environnement et ne donne donc pas une image fidèle de ce qui peut réellement se passer. » Des observations admises par l'ASN, qui assure que des révisions sont en cours. « Le travail a déjà été entamé avant les incidents survenus cet été à Tricastin, rappelle François Godin. Nos inspecteurs ont une formation longue pour apprécier les contours de cette échelle, mais nous sommes dans un processus d'amélioration continue. »
