Vileneuve-d'ascq - Chez Scenethik, l'équitable, ce n'est pas seulement le prix juste
dimanche 28.12.2008, 04:46C'est dans son appartement de la rue Yves-Decugis qu'Abdelhay Ben Messaoud a installé le siège social de son entreprise de produits de bien-être. Mais c'est dans le sud du Maroc qu'on mesurera la réussite de Scenethik.
Abdelhay Ben Messaoud est arrivé en France en 1999, pour boucler son master de géographie. Comme sujet de mémoire, il a choisi le rôle des échanges internationaux dans le développement local au Maroc. L'étudiant ne le sait pas encore mais il est en train de s'aventurer sur le terrain du commerce équitable.
En 2001, master en poche, il décide d'aller plus loin, de soutenir une thèse. Il garde le même sujet de recherche, s'inscrit à la fac de Montpellier. Mais au bout d'un an, il décide de « faire un break » : « Il fallait bien vivre ! J'ai décidé de monter un commerce de produits de l'artisanat marocain. » Fort de ses apprentissages universitaires, Abdelhay Ben Messaoud ne se satisfait pas de cette relation avec sa terre natale. En poursuivant ses recherches, il découvre le concept de commerce équitable et comprend que là est son envie : « J'ai décidé de finir ma thèse tout en montant une entreprise. Je me suis lancé en 2002. Mais la période 2002 - 2005 a été consacrée à la prospection, aux études de marché, à l'analyse des réseaux, tant au Maroc qu'en France. » En 2004, le jeune entrepreneur s'investit dans la création de la Plateforme marocaine pour le commerce équitable.
La société Scenethik est lancée en 2005. L'entreprise conditionne et distribue des produits cosmétiques 100 % naturels, issus de la tradition marocaine.
Mais M. Ben Messaoud veut aller plus loin encore : « Payer le prix juste, ce n'est pas assez ! Il faut accompagner le projet, il faut développer tout le territoire en question. » Ce territoire se trouve dans la vallée du Dadès, dans le Haut-Atlas, presque aux portes du désert, bien loin du Tétouan où Abdelhay Ben Messaoud a passé sa jeunesse. Le contact s'est fait par l'intermédiaire de la présidente de l'association coopérative des Femmes pour le développement de la famille à oued Dadès.
« Il fallait d'abord voir l'existant, en terme de matières premières et de savoir-faire. Le principe est de revaloriser des pratiques locales.
» Plus encore, « il faut cerner les besoins premiers. Là, ce n'était pas de vendre des produits cosmétiques mais de construire une école ! » Les produits, ce n'est qu'un moyen.
Peu à peu, les choses se sont structurées, notamment avec le soutien financier du gouvernement marocain, pour le lancement de la production des huiles essentielles, argiles... Les flacons se trouvent maintenant dans les boutiques du commerce équitable, comme l'Épicerie équitable du marché couvert de Wazemmes. Mais Scenethik commence aussi à fournir en matière première de grandes enseignes : « Cette année, nous avons vendu 1 000 litres d'huile d'argan à Yves Rocher. Ça a permis d'envoyer 1 000 euros à l'association. ». Et ce n'est qu'un début.
> www.scenethik.com
