ÉNERGIE
Paralysie totale du réseau de gazoducs alimentant l'Europe via l'Ukraine
jeudi 08.01.2009, 09:32La dispute entre Moscou et Kiev s'est envenimée avec la fermeture complète du réseau de gaz fournissant l'Europe via l'Ukraine. La pénurie touche onze États européens.
Cette coupure totale a provoqué de vives réactions en Europe : « si les livraisons ne sont pas rétablies d'ici à demain, nous verrons une intervention plus ferme de la présidence et de l'UE en tant que telle », a déclaré le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek, dont le pays préside l'Union européenne. Mais, il n'a pas précisé quelle serait la forme de cette réaction.
De leur côté, les Russes réclament que l'Ukraine paye le prix du marché pour rouvrir les vannes. Ensuite, Moscou attend de Kiev qu'il règle ses dettes gazières et demande un contrôle d'experts internationaux pour que Gazprom reprenne le transit via l'Ukraine. La Russie accuse en effet ce pays de se servir sur le gaz destiné à l'Europe.
En attendant qu'une solution soit trouvée ce jeudi à Bruxelles où les représentants de Gazprom, de la société ukrainienne Naftogaz, des gouvernements russe et ukrainien et de l'UE doivent se retrouver, la pénurie de gaz russe commence à se faire sentir. Onze États européens, dont l'Autriche, la Roumanie, la République Tchèque, la Bulgarie et l'Italie, ont entamé leurs réserves. En Slovaquie, PSA arrête ce jeudi la production de son usine à Trnava pour une durée indéterminée... En revanche, en France le PDG de GDF-Suez Gérard Mestrallet, qui faisait le point sur la situation à Matignon avec François Fillon, assure que la France n'a « pas à court terme » de problème puisqu'elle dispose de 80 jours de consommation.
Mais il a ajouté que privé de l'apport russe (16 % de la consommation française) et conjugué au froid, le réseau français se trouvait « sous tension ». GDF fait donc venir en quantité plus importante du gaz d'autres sources comme la Norvège et les Pays-Bas.

