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L'emprunt EDF : séduisant, mais pas forcément très rémunérateur
mercredi 17.06.2009, 17:17En lançant ce mercredi un emprunt obligataire réservé aux particuliers, EDF remet sur le devant de la scène un produit d'épargne tombé en désuétude. Séduisant, mais pas forcément des plus rémunérateurs, de l'avis des associations d'épargnants.
L'emprunt EDF lancé ce mercredi jusqu'au 10 juillet inclus, va permettre aux ménages de souscrire des obligations d'un montant de 1.000 euros, rémunérées au taux de 4,5% par an pendant 5 ans.
En souscrivant une obligation EDF, un épargnant recevra donc 45 euros par an d'intérêt, puis se verra rembourser ses 1.000 euros au bout de 5 ans.
Objectif : lever au moins un milliard d'euros
Les entreprises françaises avaient délaissé ce genre d'opération depuis une quinzaine d'années. Chez EDF, la dernière opération de ce type remontait à 1991. Elle était alors destinée à financer la construction du parc nucléaire français. Dans les années 1980, EDF en réalisait deux par an : « l'emprunt de printemps » et « l'emprunt d'automne ».
EDF espère ainsi lever au moins un milliard d'euros, grâce notamment à une intense campagne de publicité.
Bon démarrage
« Le démarrage est excellent avec beaucoup de demandes spontanées » des clients, assure Nicolas Draux, responsable animation commerciale réseau France, chez BNP Paribas. « EDF, c'est un nom qui parle positivement aux Français ».
L'opération sera « largement souscrite », pronostique même Didier Cornardeau, président de l'Association des petits porteurs actifs (Appac) car « les emprunts obligataires sont toujours un grand succès ». Pour Didier Cornardeau, ce type d'emprunt va permettre aux petits épargnants ayant fui les actions de diversifier leur portefeuille en achetant un produit à taux garanti.
« Ce n'est pas l'affaire du siècle »
« Ce n'est pas l'affaire du siècle. Il ne faut pas mentir aux gens », met toutefois en garde Thierry Ottaviani, de l'association SOS Petits Porteurs.
Si on tient compte d'un taux d'imposition de l'ordre de 30%, le taux de rendement de l'obligation EDF tombe en effet à 3% seulement. C'est plus que le Livret A (1,75% sans impôt), mais moins que certains produits d'assurance-vie qui peuvent rapporter 4% net d'impôts au bout de huit ans.
Capital bloqué pendant 5 ans
En outre, « le problème, c'est que le capital est bloqué pendant 5 ans et qu'on ne sait pas vers où va aller l'inflation d'ici-là », remarque Didier Cornardeau. Si la hausse des prix dépasse le taux de l'obligation, la rémunération pourrait partir en fumée, prévient-il.
Réservé à un public de cadres ou de retraités
Selon le président de l'Appac, ce produit restera en fait réservé à un public limité : des cadres supérieurs ou des retraités pouvant se permettre d'immobiliser un patrimoine important pendant plusieurs années. Un épargnant ayant besoin d'argent avant l'expiration de l'obligation pourrait en effet être obligé de la revendre sur le marché à un prix inférieur à celui auquel il l'a achetée, et perdre ainsi une partie du capital investi.
« Il faut être très prudent. Les obligations ont la réputation d'être des produits sûrs. Mais tout produit financier présente un risque, y compris les obligations », souligne Thierry Ottaviani.
Le risque est toutefois limité
Avec EDF, ce risque est certes limité. L'électricien est détenu à 85% par l'Etat et bénéficie à ce titre d'une des meilleures notations financières possibles, malgré un fort endettement (24,5 milliards d'euros). Il bénéficie en outre de rentrées d'argent récurrentes liées à sa situation de quasi-monopole dans la fourniture d'électricité en France.

