ENVIRONNEMENT
À l'usine de biométhanisation, les épluchures de patates produisentenfin de l'électricité
jeudi 02.07.2009, 04:56Depuis une dizaine de jours, l'usine de biométhanisation de la zone Monod produit de l'électricité à partir des déchets fermentescibles collectés dans le Calaisis.
PAR ANNICK MICHAUD
PHOTO LA VOIX
Les mauvaises langues se sont longtemps demandé si l'usine de biométhanisation, outil de pointe dans le traitement des déchets voulu par le SEVADEC (1), allait tenir ses promesses. D'un nouveau genre, l'équipement qui, à la fois, transforme les déchets fermentescibles en compost et utilise les gaz dégagés pour se chauffer et produire de l'électricité, a connu des retards et des nécessaires mises au point techniques et juridiques.
Quinze mégawatts par jour
Si le premier compost en est sorti voilà presque deux ans, la production d'électricité était, elle, restée au point mort. La faute à un mauvais équilibre entre les différents types de déchets fermentescibles et au dimensionnement du générateur. Depuis, la recette mêlant déchets verts, restes de repas, graisses, etc. a été retravaillée, grâce notamment à l'apport de déchets de l'industrie agro-alimentaire. Et un nouveau groupe électrogène, plus petit, sera installé à l'automne, pour produire de l'électricité entre octobre et mars, période où le volume de déchets verts est moins important.
Avec l'été, période faste, le gros groupe électrogène a commencé à ronronner, le 19 juin. Les responsables du Sevadec, son président Guy Allemand en tête, sont satisfaits : l'usine de biométhanisation produit 15 mégawatts par jour. Toute l'électricité issue du traitement de vos épluchures de patates, tontes de gazon, couches et autres journaux (2) est revendue 105 E le mégawatt.
Une nouvelle recette
Si le tarif est moins cher que celui appliqué à l'électricité éolienne et solaire, il permet au Sevadec d'avoir une rentrée d'argent.
La recette de la vente d'électricité est partagée à part égale entre le syndicat et l'exploitant de l'usine, Octeva (3). Certes, la vente d'électricité est loin de rembourser l'investissement (l'usine de biométhanisation a coûté 22 millions d'euros), mais elle permet au Sevadec d'assumer la nouvelle philosophie qui prévaut en matière de traitement des déchets : transformer, valoriser, redonner une deuxième vie aux poubelles, autant que faire se peut.
> (1)Syndicat pour l'élimination et la valorisation des déchets, qui regroupe la soixantaine de communes du Calaisis.
(2)À mettre dans le bac des fermentescibles : les épluchures de fruits et légumes, les restes de repas sauf les os et les coquillages, les graisses et huiles alimentaires, les couches, essuie-tout, mouchoirs et nappes en papier, les journaux, tontes, branchages, marc de café, sachets de thé.
(3)Ce n'est pas le cas pour le compost, qui est revendu au profit du seul exploitant le Sevadec en conserve toutefois 20 % pour redistribuer aux particuliers, associations, etc.

