COMMUNAUTÉ DE COMMUNES OSARTIS

Ordures ménagères : payera-t-on un jour selon le poids de sa poubelle ?

Publié le 29/11/2009 à 05h02

Les élus d'Osartis réunis hier matin en séminaire auront une décision à prendre en matière d'ordures ménagères. Car le poste de dépenses pèse et pèsera de plus en plus sur le budget de l'intercommunalité. Alors peut-être faudra-t-il mettre à contribution les habitants selon le poids de leurs poubelles.

Ordures ménagères : payera-t-on un jour selon le poids de sa poubelle ?
Les élus d'Osartis réunis hier matin en séminaire auront une décision à prendre en matière d'ordures ménagères. Car le poste de dépenses pèse et pèsera de plus en plus sur le budget de l'intercommunalité. Alors peut-être faudra-t-il mettre à contribution les habitants selon le poids de leurs poubelles.

Entre 2003 et 2008, le volume de déchets collectés sur la communauté de communes a augmenté de 22 %, mais le coût net a bondi sur la même période de 59 %. Et l'horizon s'assombrit encore d'ici à 2015. À cette échéance, la taxe générale sur les activités polluantes (l'incinération des déchets) sera passée de 8 E aujourd'hui à 32 E. À tonnage constant, le coût aura progressé de 28 % et grèvera encore un peu plus le budget général.

D'où l'idée d'inciter fortement la population à réduire ses volumes de déchets mis dans les poubelles en avançant l'idée d'une redevance incitative.

Explications avec le président de la communauté de communes du pays de Ribeauvillé (en Alsace), invité du séminaire : Pierre Adolph. Son intercommunalité a mis en place, en 2002, la pesée embarquée sur les poubelles de ses concitoyens.

Chaque bac est équipé d'une puce d'identification. À la levée, la poubelle est pesée idem à la dépose. La différence, c'est le poids des déchets générés par le foyer. Chaque semestre, les foyers reçoivent la facture. En plus, chaque sortie de la poubelle est facturée 50 centimes. Résultat, les habitants ne sortent plus leur poubelle qu'une fois sur trois, et les volumes de déchets produits sont passés de 6 000 tonnes en 2000 à 2 900 tonnes en 2008 ! Soit 162 kg par an et par habitant contre 322 kg auparavant. Où sont passées ces ordures ? Dans le compostage individuel, dans les déchetteries grâce à un tri beaucoup plus pointu. Le nombre de rotations des camions de collecte a du coup été revu à la baisse.

La redevance est calculée selon une part fixe qui couvre les charges de personnel, de matériel et selon une part variable calculée selon le poids et le nombre de présentations de sa poubelle. L'objectif n'est pas de réduire le coût du poste ordures ménagères mais d'en limiter l'inflation.

Évidemment, on pense tout de suite aux petits malins qui ont dû déposer quelques sacs dans la poubelle du voisin ou de leur entreprise (car dans ce système tout le monde paye même les administrations), voire brûlé des détritus dans leur jardin ou les ont jetés dans les fossés. « Ce sont généralement les arguments que nous sortent les opposants au système, répond M. Adolph. Certes cela a existé au départ, mais de manière marginale. Un sondage montre que 82 % des habitants sont satisfaits. » Autre exemple avec la communauté de communes Flandres Lys, qui, elle, fait payer non pas au kilo, mais à la présentation des bacs. La partie variable représente 40 % du montant de la redevance. Le tonnage est là aussi en forte diminution : 12 000 T en 2005 et 8 000 T en 2008.

Osartis suivra-t-elle cette voie ? Ce sera aux élus d'en décider en temps utile, mais la chose paraît fort probable. D'autant que des aides financières sont disponibles auprès de l'Ademe pour lancer des études de faisabilité. Les premiers demandeurs étant les premiers servis.

Dans la salle, peu de questions sur un sujet pourtant aussi crucial pour les habitants. Est-ce à dire que tout le monde est déjà convaincu ? Le sujet sera à nouveau abordé lors du prochain conseil communautaire. •

La Voix Éco