ON EN PARLE
Le centre de tri des déchets sur la friche Socochim définitivement enterré
dimanche 28.02.2010, 05:07Discrètement enterré, le projet de centre de tri sélectif au Sartel-Carihem.
Depuis 2002, l'année où LMCU a décidé de sa création, Roger Sinko, le bouillonnant responsable du comité de quartier, n'avait de cesse de harceler les élus pour savoir quand il allait sortir de terre. Vendredi soir, lors de son assemblée générale (1), le président a eu la confirmation de ce qu'il savait déjà depuis quelques mois : la friche Socochim n'accueillera pas de centre de tri sélectif, ni demain, ni après-demain.
Il y a deux ans, pourtant, Pierre Dubois assurait encore à Roger Sinko qu'il se ferait. Idem du côté de Paul Deffontaine, juste avant qu'il ne quitte son poste de maire de Willems et dans la foulée celui de vice-président de LMCU chargé des résidus urbains. Alors, qu'est-ce qui explique cette marche arrière ?
Les encombrants, un trésor
Les raisons seraient de deux ordres, selon Henri Gadaut, l'élu wattrelosien qui a succédé à Paul Deffontaine. Des difficultés d'ordre technique et financier, d'abord. Engagées depuis huit ans, les tractations ardues avec le propriétaire de la friche n'ont pas permis d'aboutir à un prix au mètre carré raisonnable. Sans compter que la dépollution du terrain aurait coûté trop cher, au vu des nouvelles normes.
L'autre raison qui explique ce renoncement : les capacités des centres de tri d'Halluin et de Lille. Celui du Sartel avait été envisagé à une époque où toute la métropole n'était pas encore passée au tri sélectif. C'est le cas aujourd'hui. « Lille et Halluin suffisent pour traiter les tonnes de déchets recyclables, explique Henri Gadaut. Et les prévisions ne rendent pas nécessaire la création d'un troisième centre. » Envolés, donc, les cent cinquante emplois (50 CDI et 100 contrats d'insertion) attendus avec la création du centre de tri du Sartel ? Peut-être pas. Car un autre centre de tri, d'encombrants cette fois, pourrait être implanté, pas très loin de là, sur la friche du Peignage Amédée de Wattrelos. Actuellement, les encombrants sont enfouis ou brûlés, alors qu'une bonne partie pourrait être récupérée. Ce projet entre dans le cadre d'une réflexion plus globale sur la collecte et le traitement de ces déchets. Demain, ils pourraient ne plus être ramassés régulièrement, mais uniquement sur rendez-vous, quand le particulier ne peut vraiment pas se déplacer. Henri Gadaut s'apprête d'ailleurs à se rendre à Strasbourg pour voir ce qui se fait en la matière.
Si le centre de tri des encombrants se fait à Wattrelos, il pourrait générer une trentaine d'emplois. Roger Sinko aimerait bien lui adjoindre une ressourcerie pour commercialiser ce qui est vendable et un atelier d'insertion pour réparer et revendre ce qui est récupérable. On pourrait alors rêver à la création d'une centaine d'emplois. Mais ne nous emballons pas : rien n'est fait, même pas la réorganisation des encombrants.
(1) Nous évoquerons les autres points abordés lors du conseil de quartier du Sartel-Carihem mardi.

