FERMETURE DE LA RAFFINERIE DES FLANDRES
Philippe Doligez, Total : « La transformation en dépôt peut être rapide »
mardi 09.03.2010, 05:04
Philippe Doligez, directeur du raffinage Europe sud et ouest. PHOTO « LA VOIX ».Philippe Doligez, directeur du raffinage du groupe Total pour l'Europe sud et ouest, décortique les annonces présentées hier lors du comité central d'entreprise (CCE). Avec la foi dans l'avenir du site des Flandres, démantelé dans les deux ans à venir.
M. Doligez, outre les trois activités qui seront maintenues sur le site, un pôle de biocarburants est évoqué...
« Avec nos partenaires Nord ETBE (NDLR : dans le projet BioTfueL), nous regardons en effet comment incorporer du bioéthanol dans nos essences. Avec un autre consortium, nous nous étions engagés dans un site pilote de fabrication de diesel, un projet biomasse deuxième génération. Il pourrait être implanté ici. Si ces deux projets se concrétisent, ils proposeraient une trentaine d'emplois supplémentaires. Et concernant la sous-traitance et le port, on participera activement à la table ronde sur l'emploi et l'économie de Dunkerque qui sera installée marcredi par le préfet de région. »
Quel « plus » apporteront demain, au groupe Total, les centres d'assistance technique et de formation promis par le CCE ?
« Nous avons pris l'engagement de pérenniser les cinq autres raffineries existant en France, ainsi que d'autres en Europe. Le contexte difficile nous a amenés à créer une équipe pour aider les sites à améliorer leurs performances, que ce soit dans l'analyse des produits pétroliers, l'optimisation des sites, le suivi et la surveillance des travaux (grands arrêts, nouvelle méthode d'inspection des sites...). L'école de formation aux métiers de raffinage proposera des filières de formation qualifiantes (en sécurité, maintenance, opérations). Le tronc commun sera dispensé à Dunkerque. »
Pensez-vous que ces annonces soient de nature à apaiser un climat social particulièrement tendu ?
« Je l'espère. On a pris des engagements très forts, au total, 420 postes disponibles et identifiés sont proposés donc on est confiant dans le fait qu'aucun de nos collaborateurs se retrouvera sur le bord de la route. Nous avons pérennisé un site industriel, pour une durée de cinq ans : il n'y a pas beaucoup d'industriels qui le font aujourd'hui. Nous serons à même de proposer deux offres d'emploi à chaque collaborateur, qui correspondent à ses qualifications, et qui soient pérennes. Une fois l'émotion passée, on pourra alors construire le futur. »
À quelle échéance verra-t-on ce scénario réalisé ?
« Le dossier Flandres a été présenté aujourd'hui (NDLR : hier) au CCE, qui se réunira à nouveau très prochainement. L'intersyndicale demandera sans doute une expertise afin de prendre en compte les volets économique, organisationnel et social. Cette procédure devrait prendre trois à quatre mois, et être, si tout se passe bien, terminée pour l'été. Ensuite, nous avons deux ans pour arriver à la situation finale. Par exemple, les opérateurs qui rejoindront le terminal méthanier devront être libérés en 2013 pour être formés. Nous prenons le temps de bien identifier les choses plutôt que de les boucler rapidement et de générer de la frustration. Même si cela peut aller très vite : la transformation en dépôt peut être rapide ou on peut prendre le temps. Pour la formation, les premiers stages peuvent être vite mis en place avant de voir le catalogue s'enrichir. Cette école est une vraie opportunité : former sur l'ancienne usine et y associer le monde universitaire en donnant des formations qualifiantes. J'espère qu'elle ne mettra pas deux ans à se faire. »


