ÉNERGIE
Raffinerie des Flandres à Dunkerque : les syndicats préparent la riposte
mercredi 10.03.2010, 05:04
Les salariés de Dunkerque restent mobilisés. PHOTO JEAN-CHARLES BAYONLes 370 emplois de la Raffinerie des Flandres de Dunkerque auront beau être préservés, les salariés sont remontés. Remontés contre l'arrêt définitif du raffinage et « l'absence de vrai projet industriel de substitution », et remontés, surtout, contre l'intervention musclée des policiers et gendarmes mobilisés contre eux lundi, à Paris.
Outre des blessures aux mains et aux jambes pour certains, une Dunkerquoise, venue accompagner son mari, a été « gazée » à bout portant. Bilan : cornée brûlée. « Elle ne peut ouvrir les yeux qu'à moitié », témoignait son époux hier. « Nous voulions demander du travail à notre direction, nous avons été accueillis à coups de lacrymogènes et de matraques, c'est une honte », déplore Philippe Wullens, délégué SUD.
Du côté des syndicats, on organise donc la riposte. Hier, la Fédération nationale des industries chimiques a ajouté la situation de la raffinerie des Flandres à l'ordre du jour de sa prochaine assemblée générale pour lui apporter un éventuel soutien. Demain, l'intersyndicale du groupe Total examinera à son tour les possibilités d'actions à mener. « Il y a deux semaines, nous n'avons fait que suspendre notre grève générale. En clair, nous restons solidaires de nos camarades des Flandres et frapperons fort le moment opportun », prévenait lundi Charles Foulard, coordinateur CGT du groupe Total.
Les salariés des cinq autres raffineries de Total ayant reçu des garanties sur le maintien de leur activité pour les cinq prochaines années, le mouvement d'il y a deux semaines, qui avait provoqué une ruée vers les pompes à essence, connaîtra-t-il la même dynamique ? Chez les salariés de la Raffinerie des Flandres, les sentiments semblent partagés...
Table ronde aujourd'hui
Pour l'heure, les élus du CCE ont donné mandat à leur secrétaire général afin d'ester en justice pour réclamer le redémarrage de la raffinerie et pour entrave au fonctionnement du CCE, « la direction ayant pris la décision de fermer le site sans en informer au préalable les élus du CCE », explique Marc Pigeon, délégué CGT.
Dans le même temps, un porte-parole de Total affirmait la volonté du groupe de travailler avec les salariés et les élus du Dunkerquois « pour retrouver les emplois qui ont pu être affectés, ceux de sous-traitance par exemple ». Un sujet qui sera abordé cet après-midi, à la sous-préfecture de Dunkerque, dans le cadre d'une table ronde qui réunira, entre autres, des représentants de Total (direction et salariés), du port de Dunkerque, du MEDEF et de la chambre de commerce et d'industrie.

