[VIDEO] L'immobilier a-t-il encore les clefs de l'emploi ?
dimanche 04.04.2010, 10:36
L'immobilier a-t-il encore les clefs de l'emploi ? PHOTO PATRICK JAMESCrise ou pas crise, tout le monde pense à vendre ou à acheter sa maison, son appartement, son petit nid, la pierre dans le ventre. Les professionnels de l'immobilier ont subi la foudre et la tempête dans une conjoncture souvent désastreuse. Qui sont-ils pour reprendre espoir à présent ? Et dire qu'il leur faut des jeunes et des emplois ?
Vidéo : Christian Canivez
Franchement quelle idée derrière la tête des invités à notre table ronde ? Ce petit jeune qui a toute la vie devant lui devra savoir établir un contact, prospecter sur le terrain, amadouer pour avoir l'affaire, gérer un mandat, être bon en communication, en publicité, en relation-client. Il saura les techniques du bâtiment, sa réglementation (bonjour !), aura les bases pour le financement des projets, sera bon en phase de négociation, adoptera la psychologie du vendeur qui veut toujours vendre trop cher, écouter l'acheteur qui veut toujours acheter moins cher.
Homme de biens
Il sera à l'aise pour rédiger un document juridique, comprendra qu'il doit sacrifier nombre de soirées avec les copains-copines pour faire visiter les biens à vendre, saura « manager » le clerc de notaire en cas de difficulté et accompagner son cher client jusqu'au notaire. Pour tout cela et bien d'autre choses encore, non pas une armée de petits bras. Mais une seule personne. Qui pourra certes bien gagner sa vie si le métier rentre. Alors quoi ? « Les jeunes s'inscrivent facilement à notre licence professionnelle gestion et transaction immobilières », explique Pauline Vidal-Delplanque, responsable de la formation à Roubaix. La demande glisse notamment de la transaction classique (achat-vente dans l'ancien) vers le logement social, plus facile d'accès pour les jeunes mamans qui recherchent des horaires un peu plus fixes, des journées plus régulières. « Moi, j'embauche des tempéraments », assure Benoît Tirot, directeur général d'Arthur Loyd, spécialiste de l'immobilier d'entreprises, en clair, des bureaux. « Un jeune de 22 ans sait-il au moins ce que nous pouvons leur offrir en terme de carrières et d'emplois ? », dit-il. À la base, un profil de commercial, capable de s'adapter à la variété de la clientèle. Il n'y a pas d'école connue pour l'activité tertiaire mais c'était la même chose il y a encore dix ans pour l'immobilier de particuliers, en dehors des bureaux. « On vient effectivement de loin , assure Philippe Descampiaux, agent à Lille. Il y a dix ans, nous n'avions pas de BTS et la licence n'existe que depuis cinq ans. Je me souviens, dans l'immobilier, on formait maison ».
Pour faire quoi ? Trois grandes familles de métiers se partagent les professionnels, avec des passerelles entre elles. Les promoteurs sont là pour construire. Les investisseurs font dans la gestion d'actifs pour les valoriser et les commercialisateurs mènent les transactions dans l'ancien et dans le neuf, en location ou en accession à la propriété. On peut être agent général (FNAIM, etc.) ou administrateur de biens (CNAB). Ce dernier plus technique que le premier gère les logements en copropriété avec les métiers du syndic. Alain Buat témoigne pour Foncia à Lille : « Nous recrutons souvent sur des bases juridiques, au niveau de la maîtrise. Il faut être un peu comptable, savoir expliquer les comptes aux copropriétaires dans les immeubles. On doit aussi comprendre un bâtiment, ses pathologies, savoir conseiller sur les multiples diagnostics. Nous sommes aussi les employeurs des personnels d'immeubles (concierges etc.) et nous négocions avec les entreprises qui vont entretenir les immeubles ».
Le tout, s'il vous plaît, en subissant des motions de confiance (ou de défiance) tous les ans devant les assemblées générales de copropriétaires. Ailleurs, chez Vilogia (ex CMH), on offre une cinquantaine de métiers. « Nous cherchons des chargés d'accueil en agences (ils reçoivent et orientent, des chargés de location (ils commercialisent ) », précisent Pascal Borrin, directeur commercial et Johan Krawczyk aux ressources humaines. Bonnes prospections !
Del'argent, du sol au plafond...
Combien gagnent ceux qui sengagent dans ces métiers de savoir être où prime la règle de la première visite (il faut faire visiter le premier dans un contexte hyper concurrentiel) ? Un salarié en agence immobilière classique peut gagner sa vie au bout dun an, ce délai sexpliquant par le fait quil soit payé de ses affaires conclues à signatures notariées, donc forcément avec des décalages. En attendant lui sera accordée une avance sur commission, autant dire le SMIC.
Ensuite, il sera à 1 300-1 500 E brut mensuels, jusquà cinq fois plus sil est particulièrement doué, mais le plus souvent, en vitesse de croisière avec la constitution dun fonds de commerce, entre 2 000 et 3 000 E brut mensuels.
Chez Vilogia, un chargé daccueil touche entre 17 et 24 000 E par an en brut, les bons commerciaux sont entre 30 et 50 000 E. Chez Foncia, on émarge entre 35 et 40 000 E brut annuels pour un principal de copropriété. Avant den arriver là, une assistante de « copro » va gagner entre 20 et 22 000 E par an en brut, contre 28 à 30 000 E pour un gestionnaire de copro (un parc dimmeubles plus important, il travaille avec une assistante). En bureaux, on touche entre 30 et 50 000 E brut par an au démarrage.
Ensuite ? Pas de limites...
INFORMATIONS PRATIQUES
La conjoncture se ressaisit peu à peu. En immobliier de bureaux, sur un an en métropole lilloise où se concentrent les affaires, le niveau de commercialisation sétablit à environ 120 000 m² mais avec un stock disponible de 300 000 m² à fin 2009. Cest beaucoup ! Dans le neuf, loffre est de 90 000 m² disponibles sur un marché à 45 000 m², soit un stock de deux ans de commercialisation. Dans le marché de la seconde main, le stock est de 200 000 m² pour un marché effectif de 63 000 m². La crise a
incité les promoteurs à stopper la production de programmes, qui commencent seulement à repartir. Les mouvements dentreprises font que lon absorbe peu à peu le stock doffres.
Sagissant de limmobilier de particuliers, hors bureaux, ce fut larrêt brutal à la rentrée de 2008 avant un début de reprise en avril 2009, il y a juste un an. Le marché semble réellement reparti en septembre 2009 sur les biens aux valeurs comprises entre 200 et 300 000 E. En fait, seul le marché du haut de gamme semble encore en réelle tension car tout va globalement mieux dans lancien. Comme dans le neuf où après avoir perdu 60 % des ventes en deux ans, le marché se restimule, surtout avec les
avantages défiscalisés du dispositif Scellier pour les investisseurs.
- En formation, une dizaine détablissements scolaires proposent des BTS immobiliers (bac + 2). Des cours du soir sont possibles avec lICH à Lille 2, en lien avec le CNAM (pour les courageux, entre 18 h et 20 h 30, sur des modules précis que lon peut éventuellement travailler à la maison...).
Il existe depuis cinq ans une licence professionnelle « gestion et transaction immobilières », formation menée à lIUT C de Roubaix (Université de Lille 2).
Lobjectif de cette formation unique en région est de former des cadres qui gèrent un site immobilier, utilisent la démarche marketing pour promouvoir une entreprise du secteur immobilier, mettent en oeuvre les moyens techniques et administratifs de gestion immobilière.
Les débouchés sont nombreux, ils suggèrent, on la vu, des bases relationnelles et techniques. Les diplômés peuvent occuper les postes suivants : en parcours gestion du patrimoine immobilier, assistant de gestion immobilières, conseiller technique en immobilier, assistant syndic de copropriété. En parcours transaction immobilière, négociateur en immobilier (habitation et entreprise), chargé de location, prospecteur foncier. Après deux, trois ans dexpérience, ils pourront être responsables de gestion
globale en immobilier, responsables dagance immobilère ou syndic.
Ouverture des inscriptions en février, clôture en juin. Entretiens de sélection en juin, résulatts mi juillet.
Contacts : 03 28 33 49 40. Couriel : iut.sco@univ-lille2.fr ou iut.lp@univ-lille2.fr. Site internet www.iut.univ-lille2.fr.


