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[EN IMAGES] L'activité reprend à la raffinerie des Flandres, mais le scepticisme reste de mise chez les ouvriers
mardi 20.07.2010, 05:09
Le travail a repris hier vers 14 h après que la justice a, fin juin, ordonné la réouverture de la raffinerie. PHOTO CHRISTOPHE LEFEBVRE.Hier en début d'après-midi, pour la première fois après plus de dix mois d'arrêt dont six mois de grève, les salariés de la Raffinerie des Flandres ont franchi la grille du complexe pétrolier. Sans crier victoire pour autant, car le bras de fer judiciaire qui les oppose à la direction n'est pas fini.
Depuis que la justice a ordonné à Total le 30 juin le redémarrage de la raffinerie de Fort-Mardyck sous peine d'une astreinte de 100 000 euros par jour de retard, les ouvriers du site s'y attendaient. Il n'empêche, quelques instants avant d'aller prendre son poste d'opérateur réseau de 14 h à 22 h, David Calbet a le sourire. « On va enfin reprendre une activité professionnelle normale », soupire-t-il devant le piquet de grève encore en place à quelques mètres de l'entrée. Une caravane taguée, des drapeaux aux couleurs de la CGT et de SUD, un brasero qui témoignent des longs mois de lutte.
C'est là que les délégués syndicaux Philippe Wullens et Marc Pigeon se sont adressés à leurs troupes un peu avant la reprise. « C'est une victoire. Nous avons prouvé que quand les salariés veulent se battre, ils y arrivent », a assuré le premier. « Le piquet de grève est suspendu pour 72 heures », a précisé le second. « Passé ce délai, la direction devra nous donner un véritable planning de redémarrage. » C'est en effet la grande inquiétude des salariés. Le groupe pétrolier, pour se conformer à la décision de la cour d'appel de Douai a lancé hier des opérations de dégazage, un préalable indispensable à la reprise du raffinage... mais également à la reconversion industrielle du site que souhaite la direction. « Une fois le dégazage effectué, on peut tout aussi bien enlever les tuyaux », se méfie Marc Pigeon. « Ils ne nous ont pas donné de date de redémarrage de la production. Et aujourd'hui, avec Total, la confiance, ce n'est pas évident ! », se désole pour sa part David Calbet.
Une reprise peut-être fictive
Pour la CGT, « la direction se cale sur le calendrier judiciaire. Cette reprise est peut-être complètement fictive pour eux ». Le groupe Total, estimant que la procédure d'information-consultation du comité d'entreprise a été menée à bien, s'est pourvu en cassation le 9 juillet et a saisi le tribunal de grande instance de Nanterre dont l'audience se tiendra le 17 septembre. Pour les 367 salariés et les sous-traitants intervenant sur le site, la bataille est donc loin d'être terminée. Jean-Luc Fournier, un salarié gréviste, regarde le piquet encore debout et lâche : « Le jour où ça sera démonté, ça sentira bon. On va peut-être verser une larme... Sauf si c'est nous qui partons avec. »


