ÉNERGIE
« Les éoliennes offshore auraient pu rapporter beaucoup d'argent à Berck », et des emplois à Boulogne
lundi 31.01.2011, 05:05
L'élu berckois Philippe Delemarle regrette que la région n'ait pas été retenue pour l'éolien marin.Nicolas Sarkozy a annoncé, mardi dernier à Saint-Nazaire, les zones éligibles à l'éolien marin. Confirmant du même coup que la Côte d'Opale serait bien épargnée. Et si on a beaucoup entendu, ces derniers mois, les « anti », certains « pro » regrettent que des projets au large de nos côtes soient passés à la trappe. Philippe Delemarle est de ceux-là.
L'élu berckois, apparenté MoDem, fait un peu figure d'exception dans l'arrondissement, avec son discours à contre-courant sur l'éolien offshore. « Contrairement à d'autres élus, qui veulent d'abord préserver leur électorat, je pense aux Berckois. Et je regrette qu'il n'y ait pas de vrai débat autour de cette question. Je constate qu'il y a une pression très forte contre l'éolien marin, et l'éolien tout court », défend Philippe Delemarle.
Il y a encore quelques mois, lui non plus n'était pourtant pas très favorable à voir s'implanter des mâts à quelques dizaines de mètres des côtes, « question de pollution visuelle, notamment ». Mais lorsqu'en octobre dernier, EDF énergies nouvelles est venu présenter un projet d'implantation au large de Berck et de la baie de Somme aux élus d'Opale sud, il a revu sa position. « Il y a beaucoup de méconnaissance en réalité. Il faudra de toute façon produire de l'énergie autrement. Il faut savoir ce qu'on veut : arrêter tout ce qui est fossile pour l'énergie renouvelable ou garder le nucléaire. L'éolien permet d'être autonome d'un point de vue énergétique et politique, sans compter ce que ça peut rapporter à un territoire », avance-t-il.
Trentaine d'emplois potentiels à Boulogne
Pour preuve, il s'appuie sur ce projet, un temps envisagé par EDF énergies renouvelables, qui prévoyait ainsi un parc de 300 mégawatts, à plus de 15 km des côtes berckoises, et qui selon les projections aurait permis de couvrir l'équivalent de la consommation de 400 000 habitants. « Certes, les éoliennes auraient été visibles, mais il s'agissait d'une pollution provisoire puisque le parc aurait été exploité 20 ans, avec obligation de rendre le site à l'état originel. C'est un argument qui pèse face à des centrales nucléaires qui sont là pour plus longtemps ! » Autre raison de poids pour Philippe Delemarle : l'argent. « Un tel projet aurait permis de créer une trentaine d'emplois à Boulogne, et surtout rapporté, selon les estimations, 560 000 euros de taxes par an à Berck. » Une manne financière qui « permettrait de réaliser nombre de projets à Berck, des travaux, des investissements pour les écoles, etc. ».
Reste le problème des marins pêcheurs, qui verraient leur zone de pêche considérablement réduite et qui sont particulièrement concernés. « Je reconnais que la Manche est une mer dangereuse. Mais le projet prévoyait une zone de passage ou une distance entre éoliennes plus importante, permettant aux bateaux de passer par ces canaux. Sachant également que les éoliennes auraient été implantées sur des bancs de sable à très faible profondeur, pas plus de 20 mètres, donc des zones où les gros bateaux ne peuvent aller. Tout ça aurait pu faire l'objet de concertation », soutient-il.
Pour lui, ce projet, finalement abandonné, « aurait pu booster l'économie locale. » Une façon pour lui de penser que la Côte d'Opale a raté le train en marche.


