ON EN PARLE
Au 1er janvier, Veolia distribuera toujours l'eau mais avec un tarif revu à la baisse
mercredi 21.12.2011, 05:06
Dans le nouveau contrat signé avec le Sabalfa, Véolia a fortement baissé le prix du m³ d'eau.Le feuilleton de la gestion de l'eau dans le Bruaysis se termine. Le Sabalfa a signé le contrat qui le lie pour douze ans au délégataire Véolia. Son président, Albert Bonnaire, se félicite d'avoir négocié « un excellent contrat » et une baisse considérable du prix de l'eau. Véolia a un challenge à relever en termes de réduction des fuites sur le réseau et Daniel Dewalle, pour Eau Secours, n'est pas mécontent de son coup.
1 Un prix social du m³
Lundi soir, la présence du collectif Eau Secours n'a rien changé à la décision des délégués du syndicat intercommunal d'adduction d'eau. Elle était prise, il suffisait de l'entériner. Véolia a été maintenue en tant qu'entreprise délégataire. Albert Bonnaire, président du syndicat se réjouissait hier d'avoir signé cet « excellent contrat ». La mise en concurrence lui a permis de négocier un tarif social de l'eau avantageux. Dans certains cas, le coût pourrait être divisé par deux. Ce qui devrait compenser l'augmentation annuelle du coût de la part assainissement sur la facture. Ce prix revu à la baisse laisse perplexe les militants d'Eau Secours : « S'ils se permettent un tel rabais, c'est qu'ils ont bien empoché jusqu'alors. » Albert Bonnaire, lui, avance l'argument de la concurrence sérieuse de Saur sur ce marché.
2 Points sur les « I »
La politique est venue s'immiscer dans les débats et Albert Bonnaire a moyennement apprécié la démarche : « On ne fait pas de politique au Sabalfa. Je regrette de voir que Divion milite pour une délégation publique et vient de choisir un délégataire privé pour son camping. » Le directeur de Véolia, Gérald Saboureau, n'est pas tendre non plus quand il évoque l'opposition du collectif : « Pour eux, c'est purement idéologique. Les délégués ont pesé le pour et le contre. Ils sont pragmatiques. En passant en régie publique, combien il faut de personnel, de matériel, d'ingénieurs ? Avec de tels investissements, comment on baisse le prix de l'eau ? Là, si on baisse le coût de l'eau durant les négociations, tout le monde est gagnant. Si le travail est efficace et l'eau moins chère, où est le mal ? »
3 Rénovation du réseau
Au Sabalfa, 36 % de l'eau circulant dans les tuyaux retourne à la nappe sans passer par le robinet. Chaque année, Véolia, qui dispose d'un service recherche de fuites (Lire dans une prochaine édition), réduit de 1% la perte d'eau en sous-sol. Lors des négociations, le Sabalfa a mis la pression sur le délégataire, aidé en cela par le Grenelle II. Dans douze ans, le réseau devra retenir 85 % de l'eau y circulant. Autre élément négocié par le syndicat, « l'éradication des branchements au plomb, le changement de 8 km de réseau et un investissement de 160 000 E par an dans le traitement de 4 km de canalisations dans les cités minières. » 4 Les chantiers du Sabalfa Lorsque l'usager paye sa facture d'eau, une partie est encaissée par Véolia, une autre l'est par le syndicat, c'est la surtaxe syndicale. En 2012, elle augmente de 10 cents au m³ et sert à investir dans des travaux de rénovation : « On engage près de 700 000 E chaque année, explique Albert Bonnaire. Près de 2 000 000 m³ sont vendus chaque année à 24 000 abonnés, soit 1 000 000 E qui seront réinvestis. Ces trois dernières années, on a rénové les réservoirs de Divion, Houdain... On renouvelle le réseau. Chaque année, on sollicite les communes qui rénovent leur voirie pour estimer l'état du réseau et le remplacer le cas échéant. »
5 Une veille permanente
Si Eau Secours est perplexe quant aux garanties de Véolia, au Sabalfa on compte mettre sur le coup un bureau conseil pour le suivi de la délégation. « Sa tâche sera de veiller au respect du contrat, ajuster les évolutions réglementaires et peut-être de renégocier le moment venu. Mais qu'on se le dise, le Sabalfa reste plus que jamais l'autorité organisatrice du service. »
Dans une prochaine édition, rencontre avec le directeur de Véolia et un chercheur de fuites sur le terrain.

