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Le préfet refuse le permis de construire de treize éoliennes à Sempy et Aix-en-Issart : les opposants sont heureux, le promoteur très déçu
dimanche 15.01.2012, 05:27
Sempy devait accueillir trois éoliennes sur le plateau. Le préfet a dit non. Pour l'instant.Le préfet du Pas-de-Calais vient de refuser d'accorder le permis de construire de treize éoliennes prévues principalement à Aix-en-Issart et Sempy. Les opposants sont soulagés. Le promoteur, originaire du village, est déçu, d'autant qu'il avait eu le souci « de la meilleure intégration paysagère qui soit ».
Le projet.- L'industriel Nordex, en partenariat avec la société Euro 2C, voulait installer treize éoliennes sur le plateau surplombant Aix-en-Issart et Sempy. L'idée était de faire un parc de six machines au lieu-dit des Rôties, dont cinq auraient été installées sur le territoire d'Aix et une sur celui de Marant et un deuxième de sept machines au lieu-dit Chaussée Brunehaut, quatre sur la commune d'Aix et trois à Sempy.
Les maires plutôt d'accords.- Depuis l'époque où le projet a été déposé, les responsables de la communauté de communes ont changé. Ghislain Tétard, président jusqu'en mars 2008, était favorable au développement éolien. Mais son successeur Pascal Deray y est opposé. Du côté des villages, les municipalités de Sempy et d'Aix-en-Issart avaient voté pour ce projet. Alors que celle de Marant, favorable dans un premier temps, s'y est finalement opposée.
Le préfet dit non.- En ce début d'année, le préfet du Pas-de-Calais a refusé le permis de construire de ces machines, au motif notamment de la préservation des paysages et de l'étroitesse des plateaux où le projet devait se développer.
Les opposants sont contents.- En 2007, ce projet avait suscité un mouvement d'opposition, qui a débouché sur la création de l'association de sauvegarde de la vallée du bras de Brosne. Sa présidente, Brigitte Priez, d'Aix-en-Issart, se réjouit de la décision préfectorale. « On trouve que nos villages sont jolis et préservés. On estimait qu'avec ces éoliennes, ça n'aurait plus été le cas, explique-t-elle. On n'a rien contre les porteurs du projet. Mais quelque part, ce refus préfectoral nous conforte dans notre combat. On ne doit pas sacrifier la beauté de nos paysages, très appréciés des touristes, pour de l'argent. »
Un promoteur déçu.- Le projet était porté par la société Nordex, sur le plan industriel, et Euro 2C pour ce qui est de la communication et des formalités administratives. Le bureau d'études qui a travaillé à la conception du projet s'appelle Zeph conseil, et c'est plus précisément Laurent Branquart qui s'y est attelé. Ce dernier a justement des racines dans le village aixois, où son grand-père était agriculteur. Il est très déçu. « Nous avions été très soucieux de l'intégration paysagère, dit-il. Du centre des bourgs, on n'aurait quasiment rien vu du tout. »
Laurent Branquart estime que le projet éolien souffre un petit peu de ce qui a été fait sur le secteur de Fruges. « Tout le monde s'y réfère, alors que ce que nous voulions faire est très différent. Nous savions que ça allait être visible des remparts de Montreuil. C'est pour cette raison que nous avions imaginé un alignement, qui donnait une vraie lisibilité géographique. » Le promoteur avait aussi pris garde à la distance entre les machines et les riverains. Pour Sempy, on était à 1 500 mètres de la première habitation, et pour Aix à 1 100 mètres. Aucun projet dans le Pas-de-Calais n'a fait mieux.
Rien n'est terminé.- Les porteurs du projet peuvent faire appel. Laurent Branquart dit qu'aucune décision n'a encore été prise. Mais les opposants s'y attendent. Et les maires le souhaitent. Celui d'Aix, Pierre Lafonte, comme celui de Sempy, Philippe Bataille. « On sait que ce sont des combats difficiles à gagner. Il faut continuer. Rien n'est fini », dit ce dernier. Curieusement, la préfecture a demandé à son conseil municipal de se prononcer à nouveau la semaine dernière (il est toujours favorable), alors même que le préfet avait déjà pris sa décision. Le vent peut encore tourner.

