ÉCOLOGIE
Quand un producteur de patates filtre son eau au fil des saules suédois
lundi 13.02.2012, 05:13
En moins d'une journée, 30000 saules ont été coupés et broyés pour alimenter des chaufferies bois.La dernière fois qu'Henri Leveugle a fait couper ses 2 000 hectares de saules, soit un peu moins du tiers d'un terrain de foot, les écologistes du coin ont râlé. Depuis, ils ont appris les vertus de ces arbres. Et lors de la coupe de jeudi, personne n'était là pour manifester son mécontentement.
Non seulement ces arbres dont la graine vient de Suède repoussent mais en plus ils filtrent les quinze mètres cubes que rejette chaque jour 5GE grâce à un réseau d'irrigation qui nourrit ses arbres gourmands en eau.
Depuis 2008, cette entreprise de transformation de pommes de terre installée à Comines emploie la taille à très courte rotation pour ses eaux usées : « Dans notre hameau, nous n'avons pas d'égouts et la réalisation d'une station d'épuration coûtait trop cher, explique le gérant, Henri Leveugle. Je suis tombé sur Bionis et avec eux, nous avons mis au point ce système. » L'investissement représente alors 120 000 euros mais les coûts d'entretien restent largement inférieurs à une station d'épuration.
« J'ai découvert ce procédé en Nouvelle-Zélande, raconte Christian Cuingnet, le père de Bionis. Là-bas, les eaux usées d'une ville de 70 000 habitants sont traitées par des arbres. Là, le rendement des saules de 5GE est l'un des meilleurs chez Bionis avec cinquante tonnes à l'hectare grâce aux épluchures de patates. » Avec trois cents hectares de saules, le procédé reste anecdotique en France. En Suède, cette façon d'épurer l'eau totalise 160 000 hectares... G. SG.

