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Energie et Environnement

EOLIENNES

Un ministre belge a tranché : les éoliennes se rapprochent de Camphin-en-Pévèle et Wannehain

vendredi 27.04.2012, 05:02
Un ministre belge a tranché : les éoliennes se rapprochent de Camphin-en-Pévèle et Wannehain L'implantation d'éoliennes fait régulièrement débat, comme ici à Fruges.

C'est une surprise, et pas vraiment une bonne pour les communes de Camphin-en-Pévèle et Wannehain : malgré un refus initial du département de la Nature et des Forêts, le ministre belge de l'écologie vient de donner son accord pour l'implantation d'un parc de six éoliennes à Esplechin, à quelques centaines de mètres des premières maisons camphinoises.

1. Une longue opposition
En décembre 2011, le projet de la société Windvision, présenté en 2007, avait pourtant du plomb dans l'aile. Les fonctionnaires de la région wallonne avaient refusé d'octroyer le permis de construire de ce fameux parc qui proposait six éoliennes de 126 m de haut (hélices comprises) réparties sur 90 hectares.

Ce nouvel obstacle dressé sur sa route s'ajoutait aux refus déjà prononcés par la direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL), les conseils municipaux des communes de Camphin-en-Pévèle, Wannehain, Bachy, Bourghelles et de la communauté de communes du Pays de Pévèle. Sans oublier celui de la ville de Tournai. Malgré cela, l'entreprise tenta un dernier coup de poker : aller frapper directement à la porte du ministre belge de l'Environnement et de l'Aménagement du territoire, sans rien changer à son dossier.

Banco : le projet a finalement reçu le feu vert.

2. Le ton monte dans la Pévèle
Tenter de calmer Michel Dufermont, maire de Camphin-en-Pévèle, prendra du temps. Depuis le début de semaine, l'élu est « remonté » comme un coucou. « C'est une décision lamentable, lance-t-il. Je ne comprends pas qu'un ministre puisse aller contre l'avis argumenté de ses techniciens qui reprochaient au dossier des éléments environnementaux. Il dément ses fonctionnaires pour favoriser un projet avant tout financier. L'écologie a parfois bon dos pour enrichir des sociétés. »

De son côté, Alain Bernard, maire de Bouvines et président de l'association Bouvines 2014, ne comprend pas non plus cette décision qui tombe au plus mauvais moment. « Nous venons d'apprendre que l'enquête publique concernant le classement de la plaine de la bataille commencerait le 12 mai, révèle-t-il. Si rien ne vient perturber la procédure, cette zone devrait être définitivement protégée de toute construction dès le début de l'année 2013. Or, si ce projet d'implantation voit le jour, elle risque d'être quand même défigurée dans son prolongement belge ! Depuis Bouvines, nous pouvons déjà voir des éoliennes à Tournai. Alors là... Il faut vraiment préserver ces paysages historiques. » « C'est une véritable agression, reprend Michel Dufermont. Nous sommes en train de protéger la plaine de Bouvines et on veut y coller des éoliennes, alors que tout le monde est d'accord pour dire qu'elles sont beaucoup plus efficaces en mer et provoquent moins de nuisances. Le ministre n'a eu que faire de nos considérations ! »

3. Quels ultimes recours possibles ?
Ils ne sont plus nombreux et le temps presse. Côté français, il ne reste plus que la Cour européenne de justice pour essayer de se faire entendre.

Côté belge, le conseil d'État peut trancher.

L'heure est donc à la réflexion, d'un côté comme de l'autre de la frontière. Même si Rudy Demotte, président de la région wallonne, n'a pas tenu à se prononcer sur cette question épineuse hier, à Tournai, le refus est toujours d'actualité.

Michel Dufermont est soulagé de l'entendre et compte bien mener une coalition franco-belge contre Windvision, même si elle ne devait avoir l'allure que d'un baroud d'honneur face à une entreprise qui semble pouvoir s'appuyer sur de solides alliés. « J'attends de recevoir le permis de construire, en début de semaine prochaine, et je verrai si avec mon conseil municipal nous nous associons à la commune de Tournai pour faire un recours , note l'élu. Mais Camphin ne deviendra pas la poubelle des Belges ! » •

PAR CARINE BAUSIÈRE
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