Deux communes imprégnées par la « culture cheminote »
jeudi 14.01.2010, 05:05Il aura fallu toute la magie des Nuits secrètes, le festival de musique d'Aulnoye-Aymeries, et le pragmatisme de son maire PCF Bernard Baudoux, pour que remonte à la surface un dossier enseveli sous « des tonnes de prudence », comme l'a dit hier Daniel Percheron, président du conseil régional.
Le centre d'essais ferroviaires ? De la pure dynamite quand, en 2006-2007, le projet brouillon fut (mal) présenté aux habitants du Valenciennois et du Quercitain... Daniel Percheron avait fini par reculer sous les huées et les invectives de « bobos égoïstes qui ont fait le choix de leur qualité de vie plutôt que celui de l'avenir », comme se souvient encore l'intéressé avec rancoeur.
En août dernier, par une douce soirée de festival, à quelque 20 km du « chaudron quercitain », Bernard Baudoux et Daniel Percheron enfilaient les bottes pour une mission secrète de reconnaissance, à la recherche de l'espace idéal pour l'anneau.
« Deuxième révolution ferroviaire »
Quelques survols en hélicoptère et autres savants calculs plus tard, la couronne de 7 km s'est dessinée en quelques mois et en toute discrétion à Bachant, commune voisine d'Aulnoye-Aymeries, baignée elle aussi depuis 160 ans par la culture cheminote et dirigée par un autre maire PCF, Jean Gandibleux.
En 1829, Aulnoye comptait 156 habitants. La création d'une ligne de chemin de fer Paris - Bruxelles décida de son essor. Après la guerre, on compte 5 344 Aulnésiens, 10 000 dix ans plus tard... « Ici, c'est quand on n'entend plus les trains et les tubes de Vallourec qu'on s'inquiète ! », s'exclamait hier Bernard Baudoux.
Le rail est là-bas ce qu'est la mine en terres lensoises : une culture cheminote forte et ancrée qui fera certainement beaucoup dans l'acceptation du projet par les habitants. « On veut construire ce centre avec la population et pas contre elle », martelait encore le maire d'Aulnoye-Aymeries, qui n'hésite pas à parler, avec son collègue bachinois, de « deuxième révolution ferroviaire ».
Des habitants qui devraient aussi être sensibles à l'engagement, en toute transparence, des deux maires communistes, et au soutien affiché de cheminots SNCF syndiqués. Ceux-ci tenteront d'arracher des emplois « maison » sur cet équipement qui en promet jusqu'à 200... Au plus fort de l'activité, 4 000 cheminots travaillaient sur le site aulnésien. Ils sont aujourd'hui 650.


