DÉVELOPPEMENT
Le centre d'essais ferroviaires à l'essai à Bachant
jeudi 14.01.2010, 05:05Bachant, 2 418 habitants, petite soeur cheminote de la cité du rail Aulnoye-Aymeries, promise au statut de capitale européenne de l'innovation ferroviaire ? C'est dans cette commune de Sambre-Avesnois que pourrait être installé un centre d'essais et de recherches unique en Europe.
« Nous voulons, à Bachant et Aulnoye-Aymeries, commencer le Toulouse du ferroviaire » : l'ambition était clairement affichée, hier matin à l'hôtel de ville d'Aulnoye-Aymeries, par Daniel Percheron, président du conseil régional. « C'est une aventure qui ne fait que commencer », une « deuxième révolution ferroviaire », ont renchéri Bernard Baudoux et Jean Gandibleux, les maires des villes d'Aulnoye et Bachant qui doivent tout au rail, pour présenter le projet de centre européen d'essais ferroviaires qui pourrait se poser là (lire ci-contre).
Oubliées les « fourches qui se sont levées il y a quelques années », dixit Daniel Percheron, entre Valenciennes et Le Quesnoy quand il s'est agi du délicat dossier dit de la « boucle d'essais ferroviaires ». À Aulnoye et Bachant, ce sont les élus qui sont demandeurs pour accueillir le CEEF - le conseil de Bachant a voté favorablement là-dessus, à l'unanimité. Localement, l'enjeu est de taille pour un secteur encore balafré par les crises de la fin du XXe siècle : 350 ME d'investissement, cent cinquante emplois permanents, avec des pointes à deux cents. Il déborde largement des bords de Sambre puisque les caractéristiques de l'équipement en feraient une exception européenne.
« Triangle magique »
Le pôle de compétitivité I-Trans, l'agence ferroviaire européenne, la présence des deux constructeurs Alstom et Bombardier dans le Valenciennois voisin, l'université du Hainaut-Cambrésis... Tout cela a été rappelé hier matin pour marteler la nécessité de s'inscrire dans ce que Daniel Percheron a nommé le « triangle magique » : « formation, recherche, innovation », y compris dans un secteur ferroviaire qui emploie cinq mille salariés en Nord - Pas-de-Calais. Même Warren Buffet, l'économiste américain, antithèse de Wall Street et du CAC 40, qui professe d'investir dans l'industriel et non dans les bulles financières, a été appelé à la rescousse. « Il ne se trompe jamais. Il vient d'investir quarante-quatre milliards de dollars dans l'achat d'une compagnie de fret », a digressé Daniel Percheron, manière de dire, comme Bernard Baudoux, que l'avenir est dans le rail. « Mais tout cela ne sera pas performant si nous n'avons pas ce centre d'essais », a insisté le premier.
Un CEEF pour lequel les élus vont avancer à pas comptés, nourris de l'expérience valencienno-quercitaine. « Je suis confiant dans la réaction de la population », s'est avancé Bernard Baudoux. Tandis que Régis Caillau, consultant en transport, a esquissé des garanties quant à l'intégration de l'équipement dans le paysage : relief propice à sa dissimulation, faible emprise, voie enterrée, semi-enterrée, ou sous tunnel, utilisation d'installations existantes dans ce qui fut l'un des plus importants centres de triage de la région. Tout un travail a déjà été réalisé dans ce domaine, avec notamment un survol en hélicoptère de la zone concernée - auquel a participé le président du pôle I-Trans - et la réalisation de projections numériques. « Par endroits, on ne verra que les caténaires. »
Un calendrier ? Daniel Percheron : « Il n'y a pas une minute à perdre, sinon, ce sera en Allemagne ou en Tchéquie, avec les fonds européens. Nous saurons avant l'été si on peut le faire ou pas. Mais nous ne renoncerons jamais. »
Le financement ? « Nous sommes prêts à mettre cinquante pour cent », a lancé le président de Région, qui compte aussi sur l'Europe, l'État, Réseau ferré de France, la SNCF et les constructeurs. Le même compte bien interpeller le président de la République. « On ne peut pas imaginer que le grand emprunt ignore le centre d'essais. » Un déraillement prévisible ? « Ce serait un échec national.
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