Ferroviaire

Le Centre d'essais ferroviaires de Petite-Forêt tourne à plein régime

Publié le 15/01/2010 à 05h06

Daniel Percheron a annoncé, mercredi, le projet d'implantation d'un centre d'essais et de recherches dans le domaine ferroviaire à Bachant, près d'Aulnoye-Aymeries. La région dispose déjà d'une boucle d'essais. Le centre d'essai ferroviaire de Petite-Forêt (CEF) va fêter ses dix ans en avril.

Le Centre d'essais ferroviaires de Petite-Forêt tourne à plein régime
Daniel Percheron a annoncé, mercredi, le projet d'implantation d'un centre d'essais et de recherches dans le domaine ferroviaire à Bachant, près d'Aulnoye-Aymeries. La région dispose déjà d'une boucle d'essais. Le centre d'essai ferroviaire de Petite-Forêt (CEF) va fêter ses dix ans en avril.

Le CEF offre à ses clients trois voies d'essais : performance (2 750 m, 110 km/h maxi), endurance (1 840 m, 90 km/h) et pilotage automatique (1 810 m, 80 km/h) et cinq tensions. C'est l'un des trois centres d'essai européens avec Wildenrath en Allemagne, Velim en République tchèque. La Pologne et la Roumaine disposent aussi de centres tournés vers le matériel roulant.

Ses actionnaires sont Alstom et Bombardier - les deux poids lourds du ferroviaire dans le Valenciennois -, Certifer et G2RT (le groupement régional de recherche sur les transports). Ses clients ? Les deux industriels précités, la CAS (un constructeur ferroviaire espagnol), Réseau ferré de France et la RATP. Ces deux opérateurs assurent d'ailleurs 30 % du chiffre d'affaires du CEF. « Ce sont des clients importants », estime Jean-Marie Vanzemberg, directeur général du CEF, détaché par Alstom, l'actionnaire majoritaire. En ce moment, la RATP prépare à Petite-Forêt la conversion, sans arrêt d'exploitation, de la ligne 1 du métro parisien en tout automatique. « Un véritable enjeu », pour le directeur du CEF. Le centre a son planning rempli pour trois ans. Les équipes y travaillent actuellement en deux-huit mais si la charge devait augmenter, elles passeraient aux trois-huit.

Alstom et Bombardier utilisent le CEF, mais ils doivent aussi aller ailleurs. En Allemagne notamment. « Le CEF est limité à 110 km/h, explique son directeur. Les centres ont certaines fonctionnalités. D'autres pas. Par exemple, en Allemagne, on peut gravir des pentes à 7 %. Mais le CEF est le seul au monde à avoir des voies avec roulage pour métros sur pneus ou à avoir le pilotage automatique. » « Le CEF est un outil industriel dont on a besoin. C'est un plus de l'avoir à côté », affirme Frédéric Ferrand, le directeur d'Alstom Petite-Forêt.

À l'inverse du directeur du CEF, Alstom et Bombardier n'ont pas été associés au projet de nouvelle boucle car elle ne concerne que les essais d'usure sur des infrastructures accueillant du matériel roulant. Le CEF suffit d'ailleurs à Alstom : « Le centre répond à nos besoins actuels. Mais tout dépend de l'évolution de nos produits, des contrats gagnés ou pas. Sur des gammes de matériels plus rapides, nous serions amenés à avoir besoin d'infrastructures. » Bombardier utilise peu le CEF, plus destiné à du matériel léger (métro et tram) qu'à des trains régionaux. Deux Franciliens sont d'ailleurs toujours en campagne d'essais d'endurance (100 000 km) à Wildenrath. Faute d'avoir une boucle grande vitesse dans la région. •

La Voix Éco