MOBILISATION
Les forces patronales se jettent dans la bataille industrielle
samedi 08.10.2011, 05:16
Arbel Fauvet Rail à Douai, incarnation de la résilience industrielle avec le fret ferroviaire. PHOTO ARCHIVES SAMI BELLOUMI« La bande des Douze » les appellerait-on depuis qu'ils se réunissent chaque semestre autour de la table de la Cité des échanges de Marcq-en-Baroeul. Les syndicats patronaux de l'industrie se remobilisent pour faire front à une conjoncture de moins en moins avenante.
À douze, les membres du Groupement des fédérations industrielles représentent 300 000 emplois dans la région, mais disent-ils, plus d'un million de postes de travail, étant convenu qu'un emploi industriel en génère au moins trois en services associés. Hier, ils ont reçu leur propre boss, Pierre Gattaz, président national de GFI. L'occasion de faire passer les messages.
« L'industrie française a perdu 700 000 postes en dix ans mais le premier semestre a renoué avec les créations d'emplois. Surtout,estime Pierre Gattaz, on revient à parler de stratégie industrielle. » D'après l'URSSAF, la région a perdu 3 700 emplois entre juin 2010 et juin 2011. Seuls la pharmacie (+ 140 postes), l'énergie (+ 330) et le meuble (+ 200) ont créé des emplois. Toutes les autres branches en perdent, les plus touchés étant les plasturgistes (- 1 200 postes, - 5 %).
Comment faire bonne figure ? « Le premier semestre fut plutôt bon, explique Patrice Pennel. Mais nous avons senti une rupture en juillet et nous vivons surtout sur les commandes passées avant l'été. Cela dit, nous n'enregistrons pas encore de réelles baisses d'activité.
» Comment réagir ? La venue de Pierre Gattaz devait aussi permettre de positionner l'industrie régionale dans un programme d'information des PME sur les marchés du futur et un nouvel observatoire des marchés devrait voir le jour avec l'aide de la CCI régionale, de l'État et de la Région. « Il s'agit, au-delà, d'offrir de la vision aux industriels, contre la culture de la résistance et le discours de la désespérance », précise Jean-Pierre Guillon, président du MEDEF régional et d'Entreprises et Cités.
Réaction d'André Beinaert pour le textile : « On aura beau inventer le textile du futur avec toute l'innovation et la recherche possibles, quelle que soit notre envie, saura-t-on créer derrière des entreprises et des emplois ? Les grands pôles et les plans de l'État sont une chose, mais on manque trop de compétitivité et de solidarités dans les filières, avec pour principal souci d'étrangler ses fournisseurs pour faire de la marge ». Certes !

