FERROVIAIRE
Un demi-milliard sur les rails valenciennois des trains du futur
jeudi 17.11.2011, 05:15
Exemple de train nouvelle génération : le Transilien fabriqué par Bombardier, à Crespin. PHOTO ARCHIVES PIERRE LE MASSON.Plus de 500 millions d'euros seront investis dans les dix prochaines années pour Railenium, le projet qui fait rêver tout le peuple ferroviaire de la région. On y concevra les trains du futur, plus sûrs, moins chers, plus écolos et plus modernes. Une boucle d'essais est prévue dès 2017...
Quand les premières machines à vapeur sont arrivées en 1848 à Aulnoye-Aymeries, on pensait qu'elles iraient faire tourner le lait des vaches. Un siècle plus tard, on pensait autre chose, que « quand on n'entend plus les trains, on dort mal », que le rail c'est l'industrie, l'emploi et le pain. À Bachant, petite cité tranquille voisine, plus de 4 000 cheminots s'activaient encore il y a vingt ans, contre moins de 600 aujourd'hui.
Le « Toulouse du ferroviaire » français
Si les boucliers riverains ne se lèvent pas trop, c'est précisément à Bachant qu'une friche de la SNCF de 20 hectares pourra accueillir une boucle d'essais ferroviaires dès 2017. Hier, une assemblée solennelle d'élus et d'industriels a signé sous le patronage du préfet les statuts de la fondation de coopération scientifique qui portera le projet de l'institut de recherche technologique (IRT), projet sélectionné dans le cadre du programme des investissements d'avenir (PIA), lui-même chapeauté par le grand emprunt.
En clair, le Valenciennois voit sa vocation confirmée de devenir le « Toulouse du ferroviaire » français.
Railenium sera incarné par un centre de recherche & développement (R&D) et par des infrastructures, dont la principale est ce « manège de fatigue » où seront testés les trains, trams et métros du futur sur un « anneau de vitesse » ou une « boucle ferroviaire » d'environ 7 kilomètres, longueur et parcours précis à ajuster.
Près de 200 millions d'euros sont prévus sur dix ans pour les infrastructures et 300 millions d'euros pour la R&D avec 18 industriels derrière Alstom et Bombardier, 135 enseignants-chercheurs mis à disposition par les universités, 65 doctorants et 50 ingénieurs. Il s'agit de faire passer la part de marché de la France de 3 à 8 % d'un marché mondial de 40 milliards d'euros. Plus de 20 000 emplois sont à créer dans cette perspective, la plupart dans le Valenciennois.
Railenium commence avec une première tranche de 22 millions d'euros pour les trois premières années. La part de marché du train en France n'est que de 12 %, avec un objectif à 25 % pour mieux grignoter sur la voiture ou l'avion.

