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Quand Lille veut devenir le laboratoire du commerce du futur
jeudi 18.10.2007, 05:53Faire de Lille « le laboratoire du commerce du futur », telle est l'ambition du pôle de compétitivité des industries du commerce qui lance le projet de « Lille métropole ubiquitaire ». Objectif : tester dès janvier toutes les possibilités du e-commerce « via » la téléphonie mobile.
Imaginez : vous devez passer votre journée en ville pour faire des courses. Sur votre téléphone portable, vous téléchargez la liste des produits dont vous avez besoin, vous visualisez automatiquement les promotions et les tarifs. Au supermarché, votre portable devenu mini-GPS vous guide dans chaque rayon pour trouver le produit que vous avez sélectionné. La puce intégrée à votre mobile enregistre le tarif du produit que vous avez déposé dans votre chariot. Arrivé en caisse, il n'y a plus qu'à présenter votre téléphone, transformé en carte bancaire.
Dans la rue, votre portable vous avertit des promotions des magasins devant lesquels vous flânez. Une affiche de spectacle vous attire. Vous pouvez désormais, toujours via votre portable, écouter la musique du chanteur qui se produira prochainement, réserver les places pour le concert... Ce rêve (ou ce cauchemar) de consommateur pourrait bientôt devenir réalité. C'est en tout cas une révolution commerciale que permettent les nouvelles technologies de la communication (étiquettes RFID à radiofréquence, réseaux wifi, etc).
Cette révolution commerciale, les membres du pôle nordiste des industries du commerce entendent en être les pionniers. « Il y a bien sûr un intérêt commercial, s'enthousiasme Arnaud Mulliez, président du pôle de compétitivité (et PDG d'Auchan). Il y a là une extraordinaire occasion de tester ces nouvelles technologies. Mais il y a aussi un intérêt sociétal. Nous voulons mettre les usagers, les clients, les pouvoirs publics mais aussi la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) dans le coup afin que ce projet soit partagé par tous. Nous n'avons pas envie de connaître Big Brother, mais de rentrer sereinement et de plain-pied dans le XXIe siècle. Et nous voulons que ce soit Lille qui soit le laboratoire de cette révolution. » Cela pourrait se faire dès janvier, dans une artère commerçante (la rue de Béthune ?) et une galerie commerciale (vraisemblablement V2 à Villeneuve-d'Ascq).
Mais il y a encore beaucoup à faire : créer les réseaux, posséder la technologie, fédérer les partenaires... et obtenir l'assentiment des usagers.
Mémoires exponentielles
Pour Alain Cappy, ingénieur à l'Institut d'électronique, de microélectronique et de nanotechnologies de Lille, l'évolution technologique est (presque) sans limite.
« La première des technologies ubiquitaires fut l'invention de l'imprimerie, qui permit de disséminer l'information partout. Mais rien n'a changé pendant cinq siècles. Jusqu'à la révolution de l'électronique.
Il y a quinze ans, la mémoire d'une puce de 1 cm² était de 100 Mo (méga-octet), soit la capacité de stockage d'informations contenues sur un mètre de bibliothèque, cinq minutes de vidéo et cent photos.
Aujourd'hui, la mémoire des puces électroniques a été multipliée par mille. On peut désormais y stocker l'équivalent d'un kilomètre de bibliothèque, 80 heures de vidéo et 80 jours de musique en MP3. Dans quinze ans, on fera des mémoires encore mille fois plus puissantes (100 000 milliards d'octets), soit l'équivalent de 1 000 kilomètres de bibliothèque, 9 années de vidéo et 200 ans de musique MP3. Tout cela à coût constant. La rupture viendra alors des objets intelligents, capables de communiquer entre eux. Les possibilités sont infinies. »




