CONSOMMATION
L'avenir de la vidéo à la demande sera-t-il payant ou gratuit ?
samedi 10.05.2008, 05:00Le programme télé ne prédit rien de bon pour ce soir. Mais vous avez quand même envie de voir un film sympa installé dans votre canapé. En quelques clics, vous avez désormais le choix entre plusieurs centaines de films. C'est la vidéo à la demande et elle est à l'affiche en ce moment.
La vidéo à la demande, de son petit nom VOD (pour video on demand) est sur les lèvres (et les publicités) de tous les opérateurs : chaînes de télévision, fournisseurs d'accès Internet, opérateurs du câble... Alors qu'une vingtaine d'acteurs s'étaient positionnés sur le marché l'année dernière, ils étaient 45 début 2008. Le chiffre d'affaires du secteur a progressé de 50 % l'an dernier.
Contre les pirates
Le principe de la vidéo à la demande est simple. Depuis son ordinateur ou sa télécommande, celui qui le souhaite peut commander des films, des séries, des dessins animés... Il lui suffit de sélectionner un titre dans un catalogue et de taper son numéro de carte bancaire. Le programme peut être visionné aussitôt, souvent pour une durée de vingt-quatre heures. Certains programmes sont même gratuits, moyennant une page de publicité.
Ce nouveau support séduit de plus en plus, notamment les jeunes. Mais Jean-Yves Mirski, délégué général du Syndicat de l'édition vidéo (SEV) tempère : « L'essor de la VOD est relatif même si les pourcentages montrent des hausses importantes. Ce marché représente 30 millions d'euros, à comparer avec 1,5 milliard issu de la vente de DVD ».
L'écart tend malgré tout à se réduire, d'autant que la vente de DVD au détail a perdu 11 % en valeur en 2007 (- 25 % en trois ans). Le fort taux d'équipement de la France en connexion haut débit favorise l'essor de la vidéo à la demande. Mais aussi celui des téléchargements illégaux. « Pour que la VOD fonctionne, il faut d'abord mettre en place des mesures contre la piraterie », insiste Jean-Yves Mirski.
Le potentiel de la VOD s'avère difficile à estimer car son modèle économique est en pleine évolution. « Le consommateur a du mal à comprendre qu'il doit payer. Des services comme ceux des chaînes de télé qui proposent des émissions et des séries sur leur site web marchent bien, mais parce qu'ils sont gratuits. » Une étude menée en 2007 par Forrester Research va dans le même sens. « Le marché de la vidéo payante va bientôt s'éteindre, malgré la croissance rapide et les millions qui sont dépensés. » Le cabinet croit en effet davantage au téléchargement vidéo financé par la publicité.
