TÉLÉCOMMUNICATIONS
Alcatel-Lucent embauche à Calais pour sa nouvelle unité de production
mercredi 14.05.2008, 08:12Le carnet de commande d'Alcatel-Lucent Submarine networks est plein jusqu'en 2009. La société calaisienne sort la tête de l'eau. Une nouvelle unité de production est en train de sortir de terre : 28 embauches sont prévues, en plus des 37 enregistrées l'an passé.
En 1974, dans les colonnes de La Voix du Nord, on s'extasiait devant les 4 000 communications qui pouvaient être véhiculées par un câble. Trois ans plus tard, la société des Câbles de Lyon étudiaient la fibre optique... « De 30 à 40 millions de communications peuvent désormais transiter dans une seule fibre », souligne Grégory Flipo, directeur du site qui présente une cartographie mondiale des câbles sous-marins déjà posés : 35 000 km sortiront des cuves cette année pour répondre à la demande. « L'an prochain, nous pourrons tourner à 40 000 km de câble. » La nouvelle unité, plus moderne, mieux agencée, devrait être opérationnelle avant le mois de juillet. Vingt-huit embauches sont prévues pour assurer la production des câbles à partir de sa phase composite.
Dans les atelier d'Alatel, tout commence par une soudure de fibre optique. L'unité de mesure ? Le micron. Selon les commandes, les spécificités exigées par le client, ces fibres optiques sont assemblées, colorées pour les diversifier et prêtes à parcourir les unités de fabrication qui s'étalent sur 16 hectares. Ces fibres sont ensuite enfermées dans un cocon en inox l'ensemble est étiré, manié avec précaution pour former le tube. « À chacune de ces étapes, et tout au long de la fabrication, un contrôle est effectué. La moindre poussière, le moindre défaut peut, dans plusieurs années, engendrer un problème de transmission », explique Yves Charles, responsable de production.
Les bobines de tube, allant de 80 à 120 km, sont prêtes. « Il faut ensuite apporter à ce câble une résistance mécanique adaptée pour qu'il puisse être travaillé et déposé au fond de la mer. » L'ensemble est renforcé, selon les qualités exigées, par de l'inox, du cuivre, placé au coeur de polyéthylène, tressé par des fils métalliques, plongé dans du bitume... Si l'information transite toujours par la fibre épaisse de quelques microns, le câble avoisine désormais les 6 cm de diamètre et résiste à 70 tonnes de tension.
Marc Dubrulle prend en charge la suite des opérations où il est notamment question d'assembler les différents tronçons du câble définitif, d'installer les répéteurs (joints entre deux câbles tous les 80 km environ) et de le tester avant de le faire embarquer. « Il faut tout prévoir en amont, le passage des câbles, les mettre dans le bon ordre... On peut à une capacité de stockage de 28 000 km. Pas question de faire des noeuds ! » Et dans ce dédale organisé, une trentaine de personnes devraient prochainement retrouver une place et pousser l'effectif total à 354 employés.
> Nous reviendrons prochainement sur Alcatel-Lucent, sur un plan purement économique : les commandes, la dernière crise, l'avenir...
