AU COEUR DES ENTREPRISES
À l'IRCICA, les noces virtuelles de l'homme et de la machine
lundi 01.02.2010, 05:03L'université de Lille I et l'IRCICA ont créé à la Haute Borne, à Villeneuve d'Ascq, une plateforme technologique sur l'imagerie virtuelle unique en France. Dans ses laboratoires, on y invente notre futur.
Bienvenue dans le meilleur des mondes. Un monde où le peintre peut développer sa toile en trois dimensions. Où le chirurgien peut ausculter le poumon de son patient à distance. Un monde où vous pouvez visiter virtuellement la maison de vos rêves et y déplacer les meubles du bout des doigts.
Un monde où l'on peut essayer et acheter ses vêtements sans se déplacer dans les magasins, où l'on peut sentir la texture d'un tissu en effleurant le pavé tactile de l'ordinateur. Un monde, enfin, où l'écran devient une excroissance du réel, et où le geste guide la machine...
Recherche en commun
Ce monde n'est pas sorti de l'univers de science-fiction de Minority Report ou d'Avatar. Il est déjà le quotidien des chercheurs réunis autour de l'IRCICA, à Villeneuve-d'Ascq. Au-delà de son nom compliqué, l'Institut de recherche sur les composants logiciels et matériels pour l'information et la communication avancée est surtout le témoin du dynamisme de la recherche métropolitaine en matière de nouvelles technologies.
« Nous avons créé ici une fédération de recherches unique en France », explique Laurent Grisoni, professeur en informatique à Lille I. Tellement unique que l'IRCICA a été retenu parmi les chantiers forts du plan Campus. Car ici, spécialistes de la micro-électronique, de la physique, de l'informatique et même de la biologie travaillent sur des projets communs ayant des applications immédiates dans la vie quotidienne ou auprès des entreprises.
« Dans le cadre des pôles de compétitivité, les équipes travaillent en étroite collaboration avec les entreprises. C'est le cas notamment pour celles du Pôle des industries du commerce (PICOM). Les moyens technologiques ont été développés et surtout mutualisés. C'est ainsi qu'est née la Plateforme interaction réalité virtuelle images (PIRVI), qui met ses équipements à la disposition des entreprises régionales et des équipes de recherche », explique son directeur, Christophe Chaillou.
Applications étonnantes
Derrière ces abréviations complexes bouillonnent les recherches sur les nouvelles interactions entre l'homme et la machine, sur les réseaux de capteurs, sur l'algorithmie des gestes, qui permet d'utiliser l'informatique sans avoir recours à la souris et au clavier.
Et les applications sont étonnantes. Comme la rééducation cognitive des victimes d'accidents vasculaires cérébraux, développée en partenariat avec la fondation Hopale à Berck. « L'environnement 3D virtuel permet au patient de réapprendre certains gestes en toute sécurité. » Ou le projet de simulation médicale Shaman, qui permet de reconstruire en volume les organes du corps. Ou encore les étonnantes tables tactiles développées avec la société Idées-3 com. Demain commence aujourd'hui.

