TRAJECTOIRE PERSONNELLE
Pierre Édorh : « L'espèce humaine est cupide, mais elle sait aussi faire preuve de raison »
lundi 23.01.2012, 05:14
Boulimique de presse économique, Pierre Edhor a souhaité apporter sa voix aux débats actuels. PHOTO PHILIPPE PAUCHET.Dans le monde en crise qui nous entoure, la raison peut-elle l'emporter ? Pour Pierre Edhor, conseiller en systèmes informatiques et en gestion à Loos, l'efficacité économique réside dans la « bonne gouvernance ». Il en a fait un livre.
Est-ce parce qu'il est originaire du Togo ? Mais il se dégage de la personnalité de Pierre Edhor comme un sentiment de sagesse, ou tout du moins une forme de sérénité imperméable aux aléas du monde.
Une philosophie de vie acquise auprès de son père, « chef de circonscription » (l'équivalent de notre préfet) à Palimé, à une centaine de kilomètres de la capitale togolaise, Lomé. Mais aussi auprès de ses deux oncles, administrateurs dans un organisme de l'ONU. « Ce sont eux qui m'ont donné le goût de la science économique ». Une matière qu'il vient étudier dès 1982 à la Faculté de sciences économiques à Lille et qui le pousse jusqu'à sa thèse de doctorat à l'Université du littoral Côte d'Opale à Dunkerque, portant sur « les risques dans les transports pétroliers ».
« J'ai toujours travaillé pour financer mes études ». Conseils en sécurité informatique, cours d'économie internationale, consultant en épargne-vie, Pierre Edhor se forge une expérience tous azimuts. Jusqu'à la création de sa première entreprise en 1999.
Aujourd'hui à 54 ans, ce docteur en sciences économiques, co-fondateur de Coginium Consulting, une petite société de conseil en systèmes informatiques et en gestion à Loos, a voulu livrer sa vérité. En l'occurrence, un livre au titre un peu impénétrable, « Pour une bonne gouvernance économique mutidimensionnelle » (Ed. Coginium), mais qui se révèle une analyse pleine de bon sens des crises que nous traversons et des pistes qui pourraient être suivies pour s'en sortir.
En bon chef d'entreprise, Pierre Edhor estime que « la qualité doit être une préoccupation constante si on veut éviter les crises », tout comme la nécessité d'une « bonne gouvernance ». « La bonne gouvernance, c'est la capacité des pays à discuter ensemble et à agir ensemble. La qualité, c'est aussi celle des décisions à prendre ».
Nécessité de régulation, de contrôle, de coordination, d'évaluation, de supervision et de sanctions. Pour Pierre Edhor, le monde de l'entreprise et celui des États et des institutions ne sont pas si éloignés. « Le problème est qu'il ne faut pas sacrifier le long terme au profit du court terme. Les politiques de rigueur compriment les déficits mais tuent la croissance et donc la capacité de nos économies à se relever. Néanmoins je reste optimiste. L'espèce humaine est cupide, mais elle sait aussi faire preuve de raison. Mais pour cela il faut une bonne gouvernance ».
Parole de convaincu.

