LES VISAGES DE L'ACTUALITÉ
Hebdoprint : vers la renaissance d'« Inter 59 » sous la forme d'une SCOP
lundi 02.01.2012, 05:16
Les salariés de la Comareg devant limprimerie Hebdoprint à Lomme en novembre dernier. PHOTO ARCHIVES « LA VOIX »La nouvelle année démarre sur les chapeaux de roue pour les salariés de l'imprimerie Hebdoprint à Lomme qui vont devoir choisir ou pas de participer à la relance d'Inter 59 sous la forme d'une société coopérative. Le plan de reprise minutieusement préparé par leur ancien patron, René Bétourné, et des anciens cadres avec l'aide de l'Union régionale des SCOP doit être déposé le 11 janvier à Paris.
1 Le contexte
Après quatre plans sociaux, la Comareg, le groupe de presse gratuite créé en 1968 et racheté en 2003 par le Groupe Hersant média (GHM), était mis en liquidation judiciaire le 2 novembre à Lyon. Bilan : 1 650 emplois détruits dont 150 dans le Nord - Pas-de-Calais répartis dans une douzaine d'agences commerciales et à l'imprimerie Hebdoprint de Lomme. Rue Jules-Mousseron où l'on fabriquait le Paru Vendu, les salariés occuperont les locaux de l'imprimerie durant un mois. Finalement, faute de repreneur, ils s'orientent vers la constitution d'une SCOP (société coopérative composée de salariés associés) pour relancer l'activité d'Hebdoprint en recréant un pôle de publication d'annonces gratuites régional avec le soutien de leur ancien patron René Bétourné, le fondateur d'Inter 59, le titre nordiste cédé en son temps à la Comareg avant son rachat par GHM.
2 Un plan prévisionnel sur cinq ans
Bien que dépendant de Pôle emploi depuis leur licenciement fin novembre, les ex-salariés de la Comareg n'ont pas chômé ! Plus de six réunions avec des groupes de travail représentant les différents futurs services, la mise au point d'un plan d'affaires prévisionnel sur cinq ans... La dernière réunion de l'année s'est terminée le 30 décembre, dans l'enthousiasme de René Bétourné : « Je suis archiconvaincu. Le projet est extrêmement valable. D'ailleurs, je mets de l'argent dans la SCOP pour montrer ma confiance ! ». Un projet qui pourrait même servir de modèle aux autres entités de l'ex-Comareg en France pour qu'ils puissent eux aussi relancer leur activité : « Ce n'est pas Perrette et le pot au lait, c'est un projet réaliste et bien ficelé qui peut être reproduit ! ». Seul bémol : « le coup de pouce des pouvoirs publics promis par le député-maire Yves Durand et le premier adjoint de Lille Pierre de Saintignon ne doit pas faire défaut ! », insiste le créateur d'Inter 59.
3 L'idée
Très globalement, il s'agit pour la nouvelle coopérative qui sera composée de salariés associés de recréer un pôle d'annonces gratuites qui seront diffusées à la fois sur le web, internet et le téléphone mobile. Le nouvel Inter 59 souhaite réussir l'alliance d'Internet et du journal papier distribué toutes boîtes. Sont prévues seize éditions : douze dans le Nord - Pas-de-Calais et quatre en Picardie.
4 Les échéances
C'est aux environs du 11 janvier que le projet bouclé doit être présenté au tribunal compétent à Paris qui devra décider de sa viabilité. Dans le même temps, les salariés de l'ex-Comareg devront choisir ou pas de s'engager financièrement dans le projet pour devenir des salariés associés à leur nouvelle entreprise.
« Le début dune belle aventure humaine »
Cinq questions à Jean-Marc Florin, directeur adjoint de lunion régionale des SCOP à lille
Combien de salariés la nouvelle SCOP va-t-elle compter ?
« Pour linstant, entre 70 et 75 personnes de lex-Comareg. »
Comment ces salariés peuvent- ils financièrement sengager ?
« Toute personne indemnisée par Pôle emploi peut bénéficier dun dispositif spécifique daide à la reprise dune entreprise. Ce fonds est versé si lon sengage par exemple dans une SCOP. Cela produit un effet levier appréciable pour la création dune telle entreprise. »
Quel est le montant du capital porté par les salariés ?
« Cela se monte à environ 1,3 million deuros qui seront portés par les salariés associés. »
Ce financement nest versé quau bout de trois mois... doù lappel réitéré de R. Bétourné aux pouvoirs publics
« Oui, nous devons constituer la société coopérative au départ grâce à un prêt relais. Cela peut se faire avec le FINORPA. »
Dautres SCOP vont être associées au projet ?
« Cela devient le début dune belle aventure humaine, nous avons pris des contacts avec des entreprises à Roubaix et à Amiens, notamment pour le site dhébergement web ou les appels entrants pour le téléphone... avec les Paralysées de France pour la distribution toutes boîtes du futur journal papier. Car cela doit être fait très sérieusement et puis il est normal que les entreprises sociales et solidaires fonctionnent entre elles surtout lorsquelles ont le même coeur de métier. »
RECUEILLIS PAR C. M.

