TRAJECTOIRE PERSONNELLE
Tristan-Guirec Lepoutre, l'amoureux de sa belle, une PME familiale...
lundi 13.02.2012, 05:13
Au golf de Bondues où ce jeune quadra dirigeant de Clayrton's dit qu'on y est «avec soi-même»... PHOTO PATRICK JAMES.C'est demain la Saint-Valentin et ça tombe bien, ce dirigeant attachant emballe les fleurs avec Clayrton's depuis son impressionnante usine roubaisienne de la rue Saint-Antoine. Tristan-Guirec incarne l'histoire de la région d'une offensive modernité encore nourrie par l'héritage nostalgique de nos grandes et puissantes familles industrielles.
Dix ans à peine et déjà ce petit carnet dans lequel il consignait « ses » bonnes idées d'enfant pour l'entreprise de son papa, fondateur de Clayrton's en 1968. Josse Lepoutre était lui-même fils de Pierre, patron filateur à Roubaix, capitale mondiale du textile. C'était « Le beau fil », un paternalisme social de la première révolution industrielle. Josse aussi avait son petit carnet à idées, comme inventer une crème à faire briller les plantes, puis développer les gammes d'accessoires pour les fleuristes, quitter la rue de Beaumont pour s'installer dans 10 000 m² en plein centre-ville de Roubaix, rue Saint-Antoine. Avec les fistons.
Deux en un
« Le couple est un attelage horizontal ou un assemblage vertical », écrit Paul Morand dans L'Homme pressé. Ils sont deux, désormais, aux manettes de l'entreprise. Deux frères. Alban est l'aventurier de la famille, baroudeur discret et doué pour le commerce. Tristan-Guirec dispose de la même humilité et, surtout, d'une résolution infaillible depuis l'âge de son petit carnet de notes.
Pressé d'agir, il s'ennuie à l'école. « J'allais à l'usine avec papa, je me souviens des mouvements et des bruits des machines... ». Univers de gosse, émotions enfantines, mais pas seulement. Le petit entrepreneur aura toute sa vie envie de faire ses preuves. Sur les conseils de Josse : « Tu pourras diriger l'entreprise familiale mais avant, mon garçon, il faut montrer de quoi tu es capable. »
Le droit au fauteuil n'existe pas, la lignée et la loi du sang n'autorisent pas tout. Tristan mène sa vie comme un mort de faim. Rigueur, discipline, confiance absolue en ses capacités. Son premier poste est acquis chez Kraft Jacob pour Carte Noire, Café Grand-Mère ou Jacques Vabre. Il est commercial dans le Douaisis puis responsable en Belgique, dans le Sud-Ouest et en Alsace.
La carrière s'ouvre à lui, il est un « high po » pour « haut potentiel ». À 29 ans on le réclame à Paris, la brillante carrière dans une transcontinentale promet standing du pouvoir et fins de mois confortables. Il démissionne. Rentre à la maison, retrouve Josse et surtout Alban. Il ressort le carnet pour dynamiser la PME, la rendre durablement responsable, la diversifier et jouir en retour de la satisfaction d'un devoir intime accompli. Celui du coeur et des racines, de l'indépendance et du mieux-être.

