DÉVELOPPEMENT
Sambre : des industriels s'associent pour faire tourner leurs savoir-faire
mercredi 30.01.2008, 05:56INDU comme Industrie et REG comme Régional : une nouvelle association est née à Maubeuge, INDUREG. Elle regroupe pour l'instant 14 entreprises du Nord - Pas-de-Calais - et en attend d'autres - travaillant dans divers secteurs de l'industrie. Son objectif est de décrocher de gros marchés internationaux en alliant les savoir-faire respectifs.
L'union fait la force ou la devise belge à l'heure sambrienne. Depuis quelques semaines, une nouvelle association à vocation industrielle a vu le jour : INDU-REG. Si son rayonnement se veut international, grâce à des entreprises de la région Nord - Pas-de-Calais, son siège est basé à Maubeuge. Son but ? Regrouper des savoir-faire afin de répondre à de gros appels d'offres de multinationales.
« Nous avons décidé de mettre en commun nos compétences, a observé la présidente d'INDU-REG, Marie-Christine Moretti, lors de la présentation de la nouvelle structure, subventionnée par la direction régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement (DRIRE). Chacune des 14 entreprises répond à des marchés très spécifiques et donc réducteurs. Nous nous sommes donc dit qu'en rassemblant nos talents, nous pourrions répondre à des appels d'offres plus conséquents et viser l'international. »
En clair, INDUREG, qui représente tout de même 600 emplois, veut des gros contrats. Dans la pratique, la structure sera ainsi capable de signer des commandes avec d'importants investisseurs dans l'industrie, le ferroviaire, l'automobile, l'aéronautique... « Pourquoi pas travailler pour Alstom, Renault, Airbus ?, s'enthousiasme Mme Moretti, pour lesquels certains d'entre nous sont déjà fournisseurs mais à petite échelle. »
Des débouchés
Pour ce faire, l'association va mutualiser les atouts des 14 entreprises spécialisées dans le prototypage, le composite, le transport, la métrologie, la chimie, la mécanique, le découpage, la maintenance, le soudage, l'ingénierie, le bureau d'études, la logistique, le fraisage, l'usinage, etc. « Si l'association atteint ses objectifs, cela aura forcément des répercussions sur l'emploi, souligne encore Mme Moretti, bien que la situation soit déjà particulièrement tendue. » En effet, l'industrie locale semble renaître et recrute déjà massivement dans une conjoncture qui s'éclaircit et qui devrait s'améliorer avec les relocalisations (lire ci-dessous). Si bien que des fraiseurs, usineurs, contrôleurs, etc. sont devenus des perles rares.
Malgré ses quelques semaines d'existence, l'association INDUREG s'est déjà positionnée sur des marchés. Elle est en passe de réussir puisqu'elle intéresse un groupe dans le domaine pétrolifère pour une commande italienne. Son intérêt est même tellement évident que de grands « donneurs d'ordre » seraient prêts à financer la structure.
L'emploi va encore se tendre
L'association INDUREG veut également anticiper le mouvement de relocalisation de l'emploi dans un marché déjà très tendu dans la Sambre.
Après les délocalisations, voici les relocalisations ! « C'est aussi pour cette raison que l'association a été créée », confie d'ailleurs sa présidente, Marie-Christine Moretti. Depuis les années 90 - et la Sambre en sait quelque chose - de nombreuses entreprises (notamment des multinationales) ont cédé aux sirènes de la délocalisation. La Chine, l'Inde, la Roumanie... ces pays à bas coûts (principalement de main d'oeuvre) ont accueilli les entreprises qui ont fermé leurs portes chez nous.
Aujourd'hui, le mouvement inverse se produit, c'est la relocalisation. « De plus en plus de gros donneurs d'ordre, comme Décathlon, reviennent en France, précise Mme Moretti. Ils étaient partis économiser 20 % sur le produit fini... l'expérience aura finalement coûté 10 % de plus quand ces multinationales ont compté le déplacement, la formation du personnel, les délais (six semaines de bateau pour relier l'Europe et la Chine), la faible valeur ajoutée, la qualité parfois défaillante, l'envolée des prix des matières premières. » D'où ce mouvement de machine arrière toute !
Relocalisation
« De nos jours, les délais sont de plus en plus raccourcis, explique la présidente d'INDUREG. Et le stock, cela coûte cher. À cela, il faut ajouter désormais l'optique environnementale du plus on produit près, moins ça pollue. » D'après Mme Moretti, la relocalisation va s'accentuer dans les années à venir et, forcément, la Sambre va aussi en profiter.
C'est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle dans un marché de l'emploi qui va se tendre encore. Au recrutement massif (MCA, Bigard, Areva, etc.) engagé actuellement vont s'additionner les départs à la retraite des papy-boomers (15 000 salariés sont concernés d'ici à 2015). Si la relocalisation vient se greffer là-dessus... les temps vont devenir difficiles pour les recruteurs. « C'est également pour pallier cette faiblesse que l'association a été fondée, afin d'interpeller les pouvoirs publics et au premier chef l'Éducation nationale », intervient sa présidente. Dans un secteur à 13 % de chômage... il serait devenu impossible de trouver du personnel qualifié.


