VIE DES ENTREPRISES
Encore une médaille d'or nationale pour la brasserie annoeullinoise Lepers
vendredi 11.04.2008, 05:38Déjà couronnée par une médaille d'or l'an dernier au concours général du Salon de l'agriculture, la brasserie annoeullinoise Lepers a confirmé cette année. Le succès est encore plus significatif avec deux médailles. Et aussi parce que le fils, Charles, a créé une bière originale.
« J'ai tout fait comme un grand », s'exclame Charles Lepers. En riant parce que le jeune homme de 22 ans a dépassé l'âge de la satisfaction gratuite. L'exclamation est une manière de s'affirmer au sein de l'entreprise familiale. Déjà l'an dernier, il avait réalisé son premier brassin de concours. « Ça fait deux ans que je fais mes propres brassins. L'an dernier, j'avais présenté la bière Angélus ». « C'est lui qui nous avait poussés à inscrire notre bière au concours général », interrompt la mère de Charles. « J'étais sûr de moi en 2007, reprend le jeune brasseur. Cette année, j'avais plus peur. Parce que je présentais ma propre fabrication. » En l'occurrence la bière Lepers, une blonde de haute fermentation dont Charles a maîtrisé la fabrication avec ses propres mélanges. « Je voulais quelque chose d'original. C'est une bière pur malt, contrairement à L'Angélus qui contient du froment à 80 %. A l'ébullition, on ajoute le houblon et les épices. C'est là que tout se joue, que l'on donne sa particularité à la bière. J'ai voulu un produit qui ne ressemble à aucun autre. » Les épices, le brasseur se gardera de les citer. Mais il prévient : « Ça reste une bière classique. Je ne me suis pas lancé dans n'importe quoi. Il faut que le produit soit harmonieux, qu'il y ait de la cohésion. » C'est cette association d'originalité et de respect du palais des goûteurs qui a couronné le brasseur face à la quarantaine d'autres concurrents... parmi lesquels sa propre Angélus, médaillée d'argent. Reste que la Lepers est bien à Charles. Mais comme le dernier fils de Yolande et Bertrand, les dirigeants actuels, il a le sens des traditions, il lui a donné le nom de l'entreprise. « Chaque génération doit sortir son produit », note le jeune brasseur. « Mon beau-père peut bien être mis à l'honneur, il le mérite, renchérit la maman. C'est lui qui a donné le nom à l'entreprise, en épousant une fille Maille, nom de famille des fondateurs, il y a plus de cent ans. » Aujourd'hui, Charles, benjamin d'une fratrie de quatre enfants, s'apprête à prendre le relais. C'est la sixième génération qui assure la continuité. « Quelle que soit la génération, on a toujours baigné dans la bière, enfant, dit-il. On voit faire les parents, on a envie de s'y mettre. » Cette impatience explique qu'il ait abandonné des études à l'école de brasserie de Douai sitôt le Bac pro en poche. « Parce qu'avec mon père, j'apprends plus vite », lance-t-il. Et sa médaille d'or va le conforter dans cette voie. « Aux âmes biens nées la valeur n'attend pas le nombre des années », dit-on.




