EMPLOI
Travailler en Angleterre, vivre en France
vendredi 25.07.2008, 05:11Vivre en France et travailler en Angleterre. C'est le pari que sont prêts à prendre neuf demandeurs d'emploi épaulés par les associations Opale Link et Opération cadre emploi (OCE).
PAR MATTHIEU RAPPEZ
boulogne@lavoixdunord.fr PHOTO ARCHIVES
On connaissait les Anglais qui s'installent en France. Voilà maintenant que des Français sont prêts à faire le chemin inverse. Au printemps dernier, neuf demandeurs d'emploi se sont rendus en Angleterre pour une première prise de contact avec des patrons locaux. Un peu étonnés au départ, les entrepreneurs anglais « ont été vite rassurés », précise Charmaine Fonseca-Hall de l'association OCE. Neuf Français qui débarquent dans les bureaux pour un entretien d'embauche ce n'est pas banal. « Les Anglais ont vu que les salariés pouvaient arriver à l'heure au travail. » Car le but de cette opération pionnière est bien de faire changer les mentalités et d'inciter les Français à trouver un emploi là où la demande est forte. Et montrer au grand public que le travail transfrontalier entre la France et la Grande-Bretagne est possible.
Pour l'heure, aucun demandeur d'emploi n'a trouvé son bonheur de l'autre côté de la Manche. Ils poursuivent donc leurs recherches en Angleterre, mais aussi sur notre territoire. Car franchir le pas et décider de travailler dans un pays étranger n'est pas une décision qui se prend à la légère. L'opération test s'inscrit dans la durée. Pas question de se précipiter pour le moment. La première phase du travail consiste à repérer des profils susceptibles de franchir le pas. Savoir travailler en équipe, aimer le contact, avoir l'esprit ouvert sont les qualités requises pour éventuellement mettre le cap sur Douvres, Folkestone, Ashford ou encore Londres.
Tondre le gazon anglais
Il faut aussi avoir un niveau d'anglais acceptable. Mais les deux associations ne cherchent pas forcément des gens bilingues. Car, même si pour le moment, l'opération s'adresse aux cadres, Opale Link compte bien l'ouvrir à tous les corps de métiers. Un jardinier français pourrait ainsi passer la frontière chaque jour pour tondre la pelouse dans un golf, sans forcément maîtriser la langue de Shakespeare. Le tourisme est d'ailleurs en pleine expansion dans le Kent. Les métiers de l'hôtellerie ont donc la cote en ce moment.
Reste à résoudre le problème de transport (voir par ailleurs). « Un faux problème pour Charmaine Fonseca-Hall. « C'est parce que la Manche est une barrière physique que les gens n'osent pas. On se pose moins de questions avec la Belgique ou la Suisse. »

